L’Essonne a onze chances de recevoir des équipes sportives pour les Jeux olympiques de 2024

Onze sites du département figurent dans le catalogue des 620 centres français de préparation aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 qui seront proposées aux délégations étrangères comme base arrière.

 Les tatamis du grand dôme de Villebon-sur-Yvette.
Les tatamis du grand dôme de Villebon-sur-Yvette. LP/ISOLINE FONTAINE

À défaut de la flamme olympique, l'Essonne espère bien pouvoir réchauffer son esprit sportif avec quelques étincelles. La semaine dernière, le comité olympique a validé 620 sites sélectionnés pour devenir centres de préparation aux Jeux (CPJ) pour les Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de Paris 2024. L'Essonne apparaît dans cette liste avec onze lieux, communes ou agglomérations* validées comme pouvant accueillir potentiellement des équipes.

Cela signifie que ces sites pourraient attirer des athlètes de haut niveau pour leur entraînement en amont des jeux ou pendant. Ils figurent en tous les cas dans un catalogue qui sera proposé dès janvier 2021 aux 206 comités olympiques et aux 184 comités paralympiques du monde entier.

Participer quand même à la fête

« Pour être sélectionné, les collectivités ont d'abord postulé pour le label Terre de jeux », précise Martial Tournier, assistant technique au comité départemental olympique et sportif (CDOS 91).

Une fois cette étape franchie avec succès, elles ont présenté des équipements sportifs. « Les critères sont assez draconiens, confie Jean-Marie Vilain, maire (Les Centristes) de Viry-Chatillon et vice-président en charge des sports à l'EPT 12 (Grand Orly Seine Bièvre). Il faut des équipements à la pointe, mais aussi des services d'accueil comme l'hébergement, l'accès, les transports, le stationnement, la sécurité. À Viry, nous avons décidé de proposer l'espace Edmond-Delfour pour les délégations de basket. »

Le maire est fier de voir le complexe Edmond-Delfour sélectionné. « Nous avions été très déçus que tout le sud de l'Ile-de-France soit oublié pour les sites officiels des JOP, poursuit Jean-Marie Vilain. Nous nous étions promis d'essayer de profiter du rayonnement d'un tel événement. Avec cette sélection dans le catalogue des centres de préparation, nous avons potentiellement la chance de participer à la fête et de hisser le drapeau olympique à Viry. Que ce soit pour accueillir l'équipe américaine de basket ou une équipe handisport, ce serait une formidable fête. »

Viry-Chatillon n'est pas la seule commune à espérer attirer des délégations de basket. Palaiseau a aussi proposé, avec succès, la candidature du gymnase Roger-Antoine (qui s'adresse aussi aux équipes de tennis de table), inauguré en 2018 et donc flambant neuf.

De bonnes infrastructures pour le judo

Palaiseau, le 6 octobre 2018. Inauguré en 2018, le gymnase « Roger-Antoine » à Palaiseau espère attirer des équipes de basket et de tennis de table. Le Parisien/Cécile Chevallier.
Palaiseau, le 6 octobre 2018. Inauguré en 2018, le gymnase « Roger-Antoine » à Palaiseau espère attirer des équipes de basket et de tennis de table. Le Parisien/Cécile Chevallier.  

Sainte-Geneviève-des-Bois a été retenue comme « ville d'accueil pour le judo ». « Le SGS Judo, meilleur club français avec plus de 40 internationaux et qui a eu comme licenciés des grands champions tels David Larose ou Frédéric Demontfaucon est club d'accueil depuis plus de 20 ans des délégations étrangères comme le Brésil, le Portugal ou la Russie », rappelle la municipalité. »

Le dojo du Grand Dôme, qui appartient à la fédération française de judo depuis février 2018, pourrait aussi attirer les athlètes en kimono. « Avec ses 2 600 mètres carrés, soit 17 surfaces de combat, ses équipements récents répondent aux exigences sportives de haut niveau », indique Paris-Saclay.

Villebon-sur-Yvette, vendredi 2 février 2018. Le Grand Dôme figure dans le catalogue pour accueillir des délégations de judo, de taekwando et de lutte. LP/Gérald Moruzzi.
Villebon-sur-Yvette, vendredi 2 février 2018. Le Grand Dôme figure dans le catalogue pour accueillir des délégations de judo, de taekwando et de lutte. LP/Gérald Moruzzi.  

L'agglomération a réussi à placer un autre équipement de choix qui n'a plus besoin de faire ses preuves : le Centre national de rugby (CNR) de Marcoussis, qui pourrait accueillir les délégations étrangères de rugby à 7 et de football.

« Cela peut entraîner des retombées économiques »

En 2016, il avait été choisi par l'équipe de foot du Portugal et de son célèbre attaquant Cristiano Ronaldo qui en avait fait son camp arrière pendant l'Euro 2016. Un choix payant puisque la sélection avait remporté la compétition.

Pour François Durovray, président (LR) du conseil départemental de l'Essonne, même si l'Essonne n'accueille pas de compétition officielle, figurer sur ce catalogue est un bon signal. « Il y a un enjeu d'accueil et d'entraînement, estime-t-il. Cela peut entraîner des retombées économiques mais aussi sociales avec des équipes qui peuvent s'installer sur des durées longues. Notre département dispose d'équipements sportifs de qualité qui sauront convaincre. »

Selon une étude menée en décembre 2018 par le département et l'Institut de l'aménagement et de l'urbanisme en Ile-de-France (IAU), l'Essonne est le « troisième département accueillant le plus grand nombre de sportifs de haut niveau », avec 116 athlètes, soit 4 de plus qu'à Paris. Avec un ratio de 29,6 équipements sportifs pour 10 000 habitants, l'Essonne affiche un taux supérieur à la moyenne régionale (21,6) mais inférieur à la moyenne nationale (37,9).

« Les sites essonniens retenus présentent tous des qualités indéniables et ont tous leurs chances, insiste Sophie Rigault, vice-présidente (LR) en charge des sports au département. Je suis persuadée qu'on aura des sollicitations des délégations étrangères. Cela bénéficiera forcément aux Essonniens. Parce qu'ils pourront ainsi profiter de la fête qui ne se cantonnera pas qu'à Paris et à la petite couronne. Mais aussi parce que le cahier des charges des JOP Paris 2024 insiste sur le fait que tous les travaux entrepris autour des infrastructures devront perdurer et servir à la population après les Jeux. »

*Le centre Grand Paris sud, le complexe Georges-Brassens à Vigneux-sur-Seine, l'espace Julien-Rousseau à Epinay-sous-Sénart, le stade Pierre de Coubertin à Montgeron, le gymnase Nicolas-Billiault à Dourdan, le stade départemental Robert-Bobin à Bondoufle, le gymnase Roger-Antoine à Palaiseau, le centre national de rugby (CNR) à Marcoussis, le Grand Dôme à Villebon-sur-Yvette, Sainte-Geneviève-des-Bois et l'espace Edmond-Delfour à Viry-Chatillon.

UNE RECONNAISSANCE POUR LE STADE BOBIN

Bondoufle, vendredi 3 janvier 2019. Le stade Robert-Bobin se refait une petite beauté avant le match du 32e de finale de la Coupe de France qui oppose l’équipe du PSG (Ligue 1) à celle de Linas-Montlhéry (R1)./LP/Nolwenn Cosson
Bondoufle, vendredi 3 janvier 2019. Le stade Robert-Bobin se refait une petite beauté avant le match du 32e de finale de la Coupe de France qui oppose l’équipe du PSG (Ligue 1) à celle de Linas-Montlhéry (R1)./LP/Nolwenn Cosson  

La candidature du stade Robert-Bobin à Bondoufle a également été retenue. « C'est une reconnaissance de notre ambition pour ce stade, se félicite François Durovray, président (LR) de l'Essonne. Qui n'a rien d'étonnant car il s'agit d'une installation assez rare en Ile-de-France (NDLR : cinquième enceinte francilienne par sa capacité, avec 18 500 places). » Recevoir le 32e de finale de Coupe de France de football entre Linas-Montlhéry et le PSG le 6 janvier dernier était déjà une renaissance pour le stade. Avoir la possibilité de recevoir des équipes olympiques transformerait l'essai.

« Cela pourra nous aider à convaincre plus vite des opérateurs d'investir sur Bobin, est persuadée Sophie Rigault, vice-présidente (LR) en charge des sports au conseil départemental. Nous voulons en faire un équipement structurant, à la croisée des chemins pour le sport universitaire, événementiel, le sport santé, un lieu de formation… L'objectif est d'être prêt avant 2024, avec des travaux à mener pour le rendre plus confortable, plus accessible… »