«Ils ne pouvaient pas vivre l’un sans l’autre» : une marche blanche pour les frères morts sur la N20

Le rassemblement a été organisé ce dimanche matin après les décès de Nordine et Samir, jeudi dernier dans un accident de la route. Ils auraient tenté de se soustraire à un contrôle de police.

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 Étampes, dimanche 17 janvier 2021. La marche blanche a pris fin sur le parking de l’île aux loisirs d’Étampes par un temps de commémoration.
Étampes, dimanche 17 janvier 2021. La marche blanche a pris fin sur le parking de l’île aux loisirs d’Étampes par un temps de commémoration. DR

« Ils étaient un peu comme chat et chien. Mais ils ne pouvaient pas vivre l'un sans l'autre. Le destin a fait qu'ils sont partis ensemble », lâche, les larmes aux yeux, Soukaina. Ce dimanche matin, la jeune femme marchait aux côtés de près de 150 personnes dans les rues d'Étampes. Tous sont venus dire adieu à Samir, 32 ans, et Nordine, 39 ans. Les deux frères sont décédés dans la nuit du 13 au 14 janvier dans un accident de la route.

Étampes, ce dimanche. Près de 150 personnes sont venues participer à la marche blanche. LP/Nolwenn Cosson
Étampes, ce dimanche. Près de 150 personnes sont venues participer à la marche blanche. LP/Nolwenn Cosson  

Pour des raisons qui restent encore à déterminer, vers 2h30 du matin, ils ont emprunté la nationale 20 au niveau d'Étampes à contresens. Ils ont alors percuté de face un camion. Le conducteur du poids lourd n'a, lui, pas été blessé dans la collision.

«De l'amour et de la solidarité»

La famille des deux hommes, originaire du plateau de Guinette à Étampes, est très connue dans la ville. Pour les accompagner dans ce deuil, la municipalité leur a permis d'organiser en leur hommage un rassemblement, qui a pris fin sur le parking de l'île de loisirs. Plusieurs portraits des frères y étaient exposés pour l'occasion.

« Cette marche, c'est une manière d'apaiser notre douleur, nos cœurs, confie Soukaina, une des petites sœurs - ils étaient neuf dans la famille - de Samir et Nordine. Ils aimaient la vie, connaissaient tout le monde dans le coin. Cette mobilisation, ça leur ressemble. Il n'y a que de l'amour et de la solidarité. »

Étampes, ce dimanche. Plusieurs portraits des deux frères ont été apportés pour l’hommage. LP/Nolwenn Cosson
Étampes, ce dimanche. Plusieurs portraits des deux frères ont été apportés pour l’hommage. LP/Nolwenn Cosson  

Sonia, une amie de la famille, n'est pas surprise de voir autant de monde présent. « Nous voulions leur montrer que nous étions là pour les soutenir, indique-t-elle. On essaie de les aider comme on peut pour surmonter leur douleur. Mais on le sait, le plus dur sera quand ils se retrouveront seuls entre eux. »

Une association créée pour les enfants démunis ?

L'enquête, elle, est toujours en cours. Selon les premiers éléments recueillis, les deux hommes, défavorablement connus des services de police, auraient voulu se soustraire à un contrôle routier des gendarmes du Peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (Psig).

Une version à laquelle Soukaina ne croit pas. « C'est juste un terrible accident, assure-t-elle. Ils se sont trompés de route dans le rond-point. L'enquête nous le dira, mais au final je ne veux pas savoir. Ce que je sais, c'est que j'ai perdu mes deux frères, alors qu'il me restait encore tellement de choses à vivre avec eux. Je me suis fait une promesse, pour honorer leur mémoire, je vais désormais vivre sans regret. »

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La jeune femme réfléchit avec ses sœurs à monter une association qui viendrait en aide aux enfants démunis. « Je sais que ça leur ferait plaisir, conclut-elle. Ils étaient toujours là quand les gens rencontraient des difficultés. Ça leur ressemblera. »