«Il reste peu d’endroits pour faire ses courses, on est chanceux que Marques Avenue fasse partie des exceptions»

À 300 ou 400 mètres carrés près, la surface commerciale utile de Marques Avenue (Essonne) est située sous la barre des 20 000 mètres carrés. Les clients peuvent y profiter des soldes.

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 Corbeil-Essonnes, le 6 février 2021. Marques Avenue est l’un des rares centres commerciaux ouverts en Essonne. Il est juste en dessous des 20 000 mètres carrés.
Corbeil-Essonnes, le 6 février 2021. Marques Avenue est l’un des rares centres commerciaux ouverts en Essonne. Il est juste en dessous des 20 000 mètres carrés. LP/Cécile Chevallier.

Il est 9h20 ce samedi matin. Marques Avenue n'ouvre ses portes que dans dix minutes. Mais une vingtaine de personnes attend déjà sous la pluie pour faire des emplettes. Ce centre commercial de Corbeil-Essonnes est l'un des rares ouverts en Essonne. Depuis le 30 janvier, l es centres commerciaux de plus de 20 000 mètres carrés n'ont pas l'autorisation d'ouvrir, conformément aux mesures de renforcement prises par le gouvernement pour réduire les risques de propagation du coronavirus. Pour Marques Avenue, cela se joue à 400 mètres carrés près.

« Notre surface totale est de 22 000 mètres carrés, reconnaît Isabelle Lacoux, la directrice du centre. Mais selon les dispositions du décret du 30 janvier 2021, c'est le chiffre de 19 600 mètres carrés qui a été retenu et qui figure sur les contrôles de sécurité du Sdis (NDLR : Service départemental incendie et secours) notamment. »

Les espaces de circulation non comptabilisés

Un calcul confirmé par la préfecture de l'Essonne. « Le décret n° 2021-99 du 30 janvier 2021 fixe que les magasins de vente et centres commerciaux dont la surface commerciale utile (SCU) est de plus de 20 000 m² ne peuvent accueillir du public, détaillent les services de l'Etat en Essonne. La surface commerciale utile est la surface totale comprenant les surfaces de vente, les bureaux et les réserves, mais n'incluant pas les parties communes (allées du centre commercial, parkings, services techniques, sanitaires). Ainsi, les espaces de circulation entre les cellules commerciales ne sont pas comptabilisés. Conformément à ce calcul de la SCU, Marques Avenue compte donc une surface commerciale utile légèrement inférieure à 20 000 m². »

De quoi surprendre, plutôt agréablement, clients et directeurs de magasins. « J'ai été étonnée d'apprendre que Marques Avenue pouvait rester ouvert, témoigne Lucile, une habitante de Lisses venue faire quelques emplettes avec son mari et leur fille adolescente. Mais tant mieux, cela nous a permis de profiter des soldes. »

Même sourire chez Eric, un habitant de Corbeil-Essonnes de 35 ans. « J'avais besoin de refaire ma garde-robe, sourit-il. Et je n'aime pas faire mes achats de vêtements en ligne. C'est très bien organisé à l'intérieur, je me suis senti en sécurité sanitaire. »

1900 clients maximum à la fois

Malgré des parkings pleins, les allées ne sont pas du tout envahies, et pas besoin de jouer des coudes pour aller de rayon en rayon dans les boutiques. « Nous avons une jauge fixée à 1 900 clients maximum, en même temps dans le centre, précise Isabelle Lacoux. Nous ne voulons pas que nos clients se sentent oppressés, ni leur faire courir le moindre risque par rapport à l'épidémie de Covid-19. Depuis le début, nous appliquons un protocole sanitaire plus strict que ce que le gouvernement édicte : nous prévoyons 10 mètres carrés par client. Et à l'intérieur des magasins, cela oscille entre 8 et 10 m². »

Corbeil-Essonnes, le 6 février 2021. Pas de foule dans les allées et les magasins du centre qui a fixé une jauge de 1 900 clients maximum. LP/Cécile Chevallier.
Corbeil-Essonnes, le 6 février 2021. Pas de foule dans les allées et les magasins du centre qui a fixé une jauge de 1 900 clients maximum. LP/Cécile Chevallier.  

Depuis la réouverture après le second confinement à l'automne dernier, Marques Avenue voit sa fréquentation évoluer. « Cela baisse les week-ends, au profit de la semaine, assure Isabelle Lacoux. On sent que nos clients, qui sont locaux et très fidèles, ont changé leurs habitudes, avec le télétravail, le chômage partiel… L'affluence est plus étalée. Nous avons d'ailleurs élargi nos horaires en ouvrant à 9h30, soit une demi-heure plus tôt, et nous sommes aussi ouverts les dimanches. »

Joane, directrice de Sud Express, une boutique de prêt-à-porter pour femmes ouverte en juin dernier, confirme cette tendance. « Malgré le couvre-feu à 18 heures, nous avons réalisé la semaine dernière le même chiffre d'affaires qu'une semaine sans couvre-feu. Nos clientes viennent surtout pour le lâcher prise. Elles ont envie de se faire plaisir, ce sont des achats pour compenser tous les autres manques. »

Un changement d'habitude dans le shopping

Isabelle, qui tient la boutique Garnier-Thiebaut (du linge de maison haut de gamme), constate aussi « une hausse des ventes en ligne ». « On a aussi plus de passage entre midi et deux, des clients qui profitent de la pause déjeuner pour venir, détaille-t-elle. Nous sommes contents de rester ouverts, il reste une dizaine de jours de soldes, cela va nous permettre de continuer à vendre car il nous reste un peu de stock. À Marques Avenue, nous entamons une nouvelle démarque depuis ce week-end. »

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Impossible sur place de vérifier ce qu'un témoignage reçu au Parisien relate. Selon une personne anonyme, qui se présente comme travaillant à Marques Avenue de Corbeil, « de nombreux collègues et directeurs du centre » seraient « favorables à la fermeture du centre commercial pour préserver notre santé ainsi que celle de nos familles et celle nos clients ». Dans toutes les boutiques où le Parisien s'est rendu, en se présentant ou en discutant comme client, tous les personnels ont marqué leur satisfaction de rester ouverts. « À part la zone commerciale de La Croix-Blanche, il ne reste pas beaucoup d'endroits pour faire son shopping en Essonne, conclut une vendeuse. On est chanceux que Marques Avenue fasse partie des exceptions. »