Grigny : le marché à bas prix de la Grande Borne, un lieu vital à l’heure du reconfinement

Chaque jeudi et dimanche matin, la place du Quinconce s’anime pour accueillir un des marchés phares du département. Les prix bon marché font le bonheur des habitants aux petites bourses.

 Grigny, dimanche 1er novembre 2020. Pour les habitants de la Grande Borne non véhiculés, le marché est souvent l’unique lieu d’approvisionnement.
Grigny, dimanche 1er novembre 2020. Pour les habitants de la Grande Borne non véhiculés, le marché est souvent l’unique lieu d’approvisionnement. LP/Florian Garcia

Bien qu'amputé de ses commerçants non alimentaires, le marché de la Grande Borne continue d'attirer les chalands. Et pour cause, ses étals sont souvent l'unique lieu d'approvisionnement des habitants non véhiculés. Autre atout, ses prix attractifs drainent une clientèle prête à faire de nombreux kilomètres. En cette période de confinement, son maintien est plus qu'essentiel pour la vie du quartier. Lors du premier confinement, il avait, comme tous les autres marchés, été contraint de fermer plusieurs semaines.

Ce dimanche matin, le ciel est maussade et une pluie fine mouille les bâches des commerçants. Un sac de bonbon et un paquet de gâteaux à la main, Maria, 77 ans, fait ses courses comme à son habitude. « J'habite la Grande Borne et je n'ai pas de voiture, explique-t-elle. Alors ce marché, il est forcément vital pour moi. »

«Dès que j'ai besoin de quelque chose, je viens ici»

Depuis déjà plusieurs dizaines d'années, Maria s'y rend deux fois par semaine. « Je viens le jeudi et le dimanche, poursuit la septuagénaire. J'achète tout ici… Les fruits, les légumes et même ce qui n'est pas alimentaire. Dès que j'ai besoin de quelque chose, je viens ici. » Car le seul supermarché à proximité est le Leclerc de Viry-Chatillon, à 20 minutes à pied de la Grande-Borne. Et pendant le premier confinement, le prix de certains produits de la grande surface avait flambé. Un réel problème dans une ville comme Grigny où le taux de pauvreté atteint 45 % de la population municipale.

« Ce marché, je le fréquente à chaque fois que je viens voir ma fille, ajoute Roselyne, 71 ans. Elle habite le quartier et n'a pas de voiture… Mais il y a tout ici, il faut soutenir ces commerçants, on a besoin d'eux. »

Au sol, des marques bleues rappellent qu'une partie d'entre eux, ceux qui vendent des produits non alimentaires, n'ont plus le droit de s'installer. « Ce serait dramatique si ce marché devait fermer pour des raisons sanitaires, s'inquiète Fatima, 60 ans. Heureusement que ces commerçants sont là ! »

Un marché réputé pour ses prix bas

De taille plus modeste en raison des absents, le marché n'a pour autant pas perdu son âme. « Allez-y, allez-y, c'est pas cher ici, harangue un maraîcher. Aujourd'hui, trois euros les trois avocats ! » Avec ces petits prix, le marché draine une clientèle prête à faire plusieurs dizaines de kilomètres. « Je viens de Morangis, témoigne Mohamed. Ce n'est pas le plus proche mais c'est le moins cher. » Même constat pour cet habitant du Val-de-Marne qui fait le trajet depuis Orly. « Je viens deux fois par semaine, les prix sont imbattables. »

Samir, 39 ans, ne tarit pas d'éloges sur son marché. « A Viry-Chatillon, c'est beaucoup trop cher, peste-t-il. C'est à croire qu'ils ne veulent pas qu'on vienne. Ici, les produits ne tiennent pas toujours très longtemps mais ils ne sont pas chers… On ne peut pas tout avoir. » Pour Synaly, 60 ans, la qualité n'est pas un problème. « Les fruits et légumes sont très bons, souligne-t-il un sac de provisions à la main. Je viens depuis 2004 et ce n'est pas près de changer. »

Les jeudis et dimanches matins, de 8 heures à 13 heures, sur la place du Quinconce à Grigny.

Le maire prêt à relancer les colis alimentaires

Lors du premier confinement, 500 colis alimentaires ont été livrés chaque semaine par la ville de Grigny à plus de 200 foyers. Pour l’heure, l’initiative n’a pas été renouvelée mais la mairie se dit prête à intervenir « si les associations ne sont plus en mesure » d’assurer leurs missions. « Nous nous tenons prêts, nous aviserons en fonction de la situation, confirme le maire Philippe Rio (PCF). Nous accompagnons déjà les associations caritatives financièrement et logistiquement avec le prêt d’un camion si besoin. Nous pouvons également leur apporter une aide humaine grâce aux volontaires du service civique. »