Figure du grand banditisme, «L’Américain» retrouve la liberté dans une affaire d’armes de guerre

Cet homme de 47 ans, condamné quatorze fois, spécialiste du vol de fret, tenant du grand banditisme du sud de Paris, a été libéré dans une affaire de détention d’armes de guerre.

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 James T., originaire de Crosne (Essonne) a été libéré, le 5 janvier dernier par la chambre de l’instruction de Paris (illustration).
James T., originaire de Crosne (Essonne) a été libéré, le 5 janvier dernier par la chambre de l’instruction de Paris (illustration). LE PARISIEN/OLIVIER BOITET

« L'Américain » a retrouvé la liberté. Ce surnom est celui d'une figure du grand banditisme parisien, âgé de 47 ans, qui avait été mis en examen, en juin dernier à Evry (Essonne), avant d'être écroué dans une affaire d'armes. Depuis vingt ans, son casier judiciaire est lourd de quatorze mentions pour association de malfaiteurs, vols et violences aggravées.

Malgré ses antécédents, James T., originaire de Crosne (Essonne) a été libéré, le 5 janvier dernier par la chambre de l'instruction de Paris.

Kalachnikov, fusil d'assaut et fusil à pompe

C'est presque par hasard qu'il était tombé au printemps 2020 entre les mains des enquêteurs de la police judiciaire de Versailles. Le 17 juin, il est 7 h 30 à Quincy-sur-Sénart (Essonne), lorsque des policiers en patrouille voient un homme sortir de la forêt avec un fusil caché dans un emballage plastique. Le suspect grimpe dans sa voiture et prend la fuite.

Il échappe aux policiers qui parviennent tout de même à identifier le propriétaire du véhicule. Il s'agit d'un patron de société d'ambulance mais aussi un braqueur bien connu de la police et de la justice. Il est arrêté à son domicile de Quincy. Là, on découvre un arsenal constitué d'un fusil d'assaut Kalachnikov chromé, un fusil automatique AR15 – MK12, noir et rouge et un fusil à pompe calibre 12 et des munitions.

«Mon client est un receleur de bonne foi»

Les enquêteurs de la police judiciaire de Versailles se chargent de la suite des investigations. Six mois après, le parcours des armes reste un mystère. « On sait qu'elles viennent de l'étranger mais nous ne connaissons pas leur provenance et si elles devaient être utilisées pour un mauvais coup », précise une source proche de l'affaire. Les fusils d'assaut de contrebande viennent souvent des Balkans.

« Dans cette affaire mon client est un receleur de bonne foi, assure son conseil, Me David-Olivier Kaminski. Une de ses connaissances lui a demandé son aide pour récupérer ses armes qui avaient été volées ».

Les juges ont sans doute été sensibles aux arguments du ténor parisien et ils ont accédé à sa demande de remise en liberté. Mais cette libération fait tousser du côté des forces de l'ordre. « C'est un tenant du grand banditisme du sud de Paris, assure un commissaire de police. James T. et les membres de sa famille sont originaires de Crosne et Valenton. Ils appartiennent à cette frange criminalisée des gens du voyage qui a gagné ses galons au sein du milieu plus traditionnel du grand banditisme ».

De multiples arrestations

Le pedigree de l'Américain » est assez impressionnant. On y trouve des arrestations dans le Val-de-Marne pour des conduites en état alcoolique mais surtout des affaires de vols avec violence. Il tombe pour la première fois avec son beau-père pour un vol avec violence commis en 2001 à Riom (Puy-de-Dôme). Puis il sera interpellé en 2007 par les enquêteurs de la brigade de répression du banditisme de Paris pour l'attaque d'un camion de fret en bande organisée commis avec treize autres hommes et femmes.

Trois ans plus tard, James T. tombe dans les filets des policiers de la brigade de recherches et d'intervention de la PJ de Versailles, pour un vol avec enlèvement et séquestration commis au domicile d'un couple d'Arras (Pas-de-Calais). C'est le lendemain de l'attaque le 25 janvier 2010, grâce à plusieurs renseignements anonymes, que les forces de l'ordre avaient interpellé les malfaiteurs dans le camp de Crosne. Avaient été retrouvés des cagoules, des bijoux et des armes.

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En décembre 2018, « l'Américain » avait été arrêté par les gendarmes de l'office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) avec une équipe de cinq autres malfaiteurs chevronnés, parmi lesquelles se trouvaient son père et son frère mais aussi un proche du célèbre braqueur de fourgon Antonio Ferrara. James T. est ses complices, étaient soupçonnés d'avoir braqué un camion contenant une cargaison de cigarettes au mois de décembre 2017 à Ormesson (Val-de-Marne) mais aussi d'avoir mené deux autres attaques, en mars et en avril 2017 dans l'Aube et la Marne. Le préjudice total était estimé à plus d'un million d'euros.

Pour cette affaire, James T. a écopé en 2019 à Troyes (Aube) d'une peine de quatre ans de prison. Le quadragénaire avait été confondu grâce à une empreinte génétique retrouvée sur un talkie-walkie abandonné dans un camion, le 7 avril 2017, à Piney (Marne). Les voleurs avaient choisi cette tranquille commune pour transborder la cargaison de 550 000 euros de cigarettes et libérer les deux chauffeurs pris en otage lors du braquage.