Fibre, pistes cyclables, croissance verte : l’Essonne met 2 milliards d’euros sur la table

Le conseil départemental a adopté ce lundi son plan de deux milliards d’investissements pour la période 2021-2027. L’opposition ne l’a pas voté.

 Evry-Courcouronnes, ce lundi. En raison du Covid, la séance du conseil départementale n’est toujours pas accessible au public, mais peut être suivie sur Internet.
Evry-Courcouronnes, ce lundi. En raison du Covid, la séance du conseil départementale n’est toujours pas accessible au public, mais peut être suivie sur Internet. LP/S.M.

À six mois des élections départementales, le conseil départemental a voté ce lundi après-midi son plan d'investissements, d'un montant de deux milliards d'euros, pour la période 2021-2027. Ce qui n'a pas été sans remous du côté de l'opposition (voir encadré). Ce plan met l'accent sur les collèges, les mobilités, la croissance verte et la transition numérique.

Plus de 500 millions pour les collèges. La croissance démographique du département fait que 6 000 à 8 000 élèves supplémentaires sont attendus d'ici 2035. Pour y faire face, huit nouveaux collèges vont sortir de terre dans les prochaines années à Massy, Corbeil-Essonnes, Fleury-Mérogis, Gif-sur-Yvette, Tigery, Vigneux, Viry-Chatillon et Wissous, pour une enveloppe de 176 millions d'euros.

Par ailleurs, 17 collèges seront rénovés dont deux à Étampes, Savigny-sur-Orge et Massy, ainsi qu'aux Ulis, Viry-Chatillon, Orsay, Ris-Orangis, Sainte-Geneviève-des-Bois, Brunoy, Saint-Chéron, Guigneville, La Norville, Verrières-le-Buisson et Méréville, pour plus de 153 millions d'euros. À côté de cela, 70 millions d'euros seront consacrés au déploiement d'ordinateurs portables pour les classes de sixième.

Pistes cyclables et voiries. Près de 40 millions d'euros vont être consacrés pour promouvoir le vélo, à travers la création de 40 kilomètres de pistes cyclables dans les trois ans à venir, et pour promouvoir des modes de transports alternatifs à la voiture. Pas moins de 160 millions seront fléchés pour des travaux sur le Ring des Ulis, les déviations d'Itteville et de Paray-Vieille-Poste, le réaménagement de la RD 36… 12,4 millions iront au « plan bus » afin de réduire les temps de parcours sur la RN7, RN 20 et RD 445.

Croissance verte. Le budget de 104 millions d'euros est en hausse par rapport au plan précédent de 90 millions d'euros sur 2015-2020. Cet argent servira à promouvoir les espaces naturels sensibles du département et à les développer. Il doit également servir à améliorer la gestion des déchets, en diminuant ce qui est jeté dans les cantines des collèges par exemple, ou en les valorisant pour produire de l'énergie. Une partie de cette somme ira sous forme de subventions à l'ONF (Office national des forêts), aux associations de protection de la nature…

Un département fibré. Le déploiement de la fibre optique, assuré sur une grande partie de l'Essonne par le département, doit s'achever à l'été 2021. Des crédits seront consacrés au développement de nouveaux usages en mettant en place de nouveaux outils numériques pour mesurer les consommations d'eau, de courant… afin de piloter la production au plus près des besoins et ainsi faire des économies. Certaines villes, comme Angers, Dijon ou Rennes sont déjà entrées dans cette ère dite des « villes intelligentes ».

« Ce rapport est choquant ! » : Frédéric Petitta, conseiller départemental d’opposition

Le groupe Rassemblement de la gauche et des écologistes (RGE), a refusé de voter ce plan d’investissement. « Ce rapport est choquant. C’est un déni de démocratie, s’est emporté Frédéric Petitta (DVG). On est appelé à se prononcer sur la période 2021-2027 à moins de six mois des élections départementales ! Ne privons pas celles et ceux qui seront élus au printemps prochain de se prononcer dessus. » « Il y a des élections, donc on ne fait rien ? », lui a lancé Alexandre Touzet (SE), vice-président de la majorité au conseil départemental. Dominique Fontenaille (DVD), maire de Villebon-sur-Yvette, abonde : « Attendre nous ferait perdre du temps. Il faut le voter maintenant pour pouvoir s’intégrer dans le plan de relance de l’Etat et répondre à de vrais besoins. »

« Attendre n’empêcherait pas de répondre aux urgences, ni de lancer la construction et la rénovation des collèges, nous avons déjà voté une délibération sur ce sujet », a fait remarquer Frédéric Petitta. « Nous avons été élus pour six ans. Nous sommes parfaitement légitimes pour délibérer. Ceux élus en 2021 pourront confirmer, amplifier ou revenir dessus », a rétorqué le président du conseil départemental, François Durovray (LR).