Étréchy : le fabricant de peinture déversait de l’eau souillée dans la Juine

L’employé d’une société de peinture a été surpris en train de déverser un liquide bleuâtre dans un regard d’eaux pluviales relié à la rivière. Faute d’éléments permettant de déterminer la quantité de polluant rejeté, la société a été relaxée.

 Illustration. Les regards d’eaux pluviales sont directement reliés aux rivières.
Illustration. Les regards d’eaux pluviales sont directement reliés aux rivières. Syndicat de l’Orge

« On ne jette pas tout n'importe où. En tant que chef d'entreprise, c'est à vous de vous assurer que vos déchets sont bien traités », sermonne le président du tribunal de grande instance d'Evry-Courcouronnes.

Face à lui ce mardi, à la barre, le gérant d'une société de fabrication de peinture industrielle implantée à Étréchy. Le 24 avril 2018, un de ses employés est surpris par la police municipale en train de déverser dans un regard d'eaux pluviales un liquide bleuâtre qui dégage une mauvaise odeur.

« Pour dégrossir le nettoyage après utilisation, nous passons un jet d'eau à l'intérieur de nos cuves. Je pensais que c'était un regard des eaux usées, que cela allait dans une station d'épuration », se défend le dirigeant de cette société depuis 2012. Sauf qu'il est en fait directement lié à un bassin de rétention qui rejoint la Juine, un affluent de l'Essonne.

Après enquête auprès du Siarja (syndicat mixte pour l'aménagement et l'entretien de la rivière Juine et de ses affluents), aucune constatation de dégâts n'a été relevée sur la faune et la flore. « Ce n'est pas parce qu'une peinture n'est pas classée toxique qu'il n'y a pas de produit chimique à l'intérieur, rappelle le procureur. En interrogeant vos collaborateurs, tous ont assuré que c'était une pratique courante, qu'ils faisaient toujours ainsi. »

Trois pollutions découvertes fin novembre dans la vallée de l'Orge

Selon l'avocate de ce fabricant de peinture, entre 1 000 et 2 000 litres d'eau souillées étaient rejetées dans ce regard par an, soit 38 litres par semaine. « C'est la moitié de l'eau qu'on utilise pour une douche, compare-t-elle. Depuis, la société a dépensé 70 000 € pour se mettre aux normes. »

Mais cette entreprise n'est pas seule à agir ainsi. Fin novembre, trois pollutions ont été recensées dans des cours d'eau de la vallée de l'Orge. À chaque fois, après enquête, il s'est avéré qu'il s'agissait d'actes volontaires de professionnels. « Il ne faut pas oublier que tout ce qui est jeté dans les réseaux d'eaux pluviales se retrouve dans la rivière, précisait à l'époque François Cholley, le président du syndicat de l'Orge. C'est très difficile de remonter à la source et cela prend beaucoup de temps. » Si le syndicat porte systématiquement plainte, ils ont rarement des retours de la justice.

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Dans le cas d'Étréchy, faute d'éléments permettant de déterminer la quantité de polluant rejeté dans la Juine, la société a été relaxée.