Essonne : un an de prison pour avoir emmené ses enfants au Mali sans prévenir leur mère

Les trois enfants, âgées de 5, 8 et 11 ans, ont passé quatre mois au Mali, sans que leur mère ait de nouvelles d’eux. Ils en sont revenus avec de nombreuses cicatrices.

 Mouhamadou Issaka et Maimouna (de g. à d.) âgés de 11, 8 et 5 ans, avaient été emmenés par leur père au Mali en août 2019. Ils sont depuis rentrés.
Mouhamadou Issaka et Maimouna (de g. à d.) âgés de 11, 8 et 5 ans, avaient été emmenés par leur père au Mali en août 2019. Ils sont depuis rentrés.  DR

Il avait dit à ses enfants qu'il les emmenait au cinéma. Mouhamadou Issaka et Maimouna, âgés de 11, 8 et 5 ans s'étaient retrouvés le 12 août 2019 au Mali. L'homme avait ensuite téléphoné à sa femme, inquiète, en pleine nuit, pour l'informer de la situation. Cette dernière, qui habite Athis-Mons, avait immédiatement porté plainte. Le père avait comparu devant le tribunal correctionnel d'Évry le 14 novembre dernier pour soustraction d'enfants et rétention hors de France. À cette date, la maman n'avait aucune nouvelle de ses trois enfants. Le déclarant coupable, le tribunal avait ajourné le prononcé de la peine pour lui donner le temps de rapatrier les enfants.

Le père sera à nouveau jugé en novembre prochain

Ces derniers sont finalement rentrés en France un mois plus tard. Difficile de savoir ce qu'ils ont vécu durant ces quatre mois au Mali. Il semblerait qu'ils aient été placés dans une école coranique. Ce jeudi soir, leur père a été condamné à une peine de 12 mois de prison, dont trois mois avec sursis probatoire et 3 500 euros à verser à la mère pour le préjudice.

« Quand ils sont rentrés en France, les enfants n'étaient pas en bonne santé, souligne le substitut du procureur. Ils présentent de très nombreuses cicatrices. » Ces faits font l'objet d'une autre procédure à l'encontre du père, qui sera à nouveau jugé en novembre prochain. À l'audience, ce dernier, âgé de 31 ans, a expliqué qu'il avait fait ça parce que parfois sa femme s'absentait sans le prévenir, qu'elle aurait « confié les enfants une fois à une voisine que je ne connaissais pas, et elle ne participait pas aux frais de la vie conjugale. » Ce jeudi, il ne semblait toujours pas réaliser la gravité de ses actes, indiquant qu'il s'était toujours « bien comporté ».