Essonne : Malik est mort en voulant désarmer l’agresseur de son garagiste

Il avait 33 ans. Son décès, jeudi à Evry-Courcouronnes, a plongé Grigny, où il a grandi, dans une profonde tristesse. Son meurtrier présumé a été interpellé ce samedi alors qu’il s’apprêtait à partir à l’étranger.

 Malik Zerkal avait 33 ans. Il a été tué d’une balle en plein torse le 1er octobre 2020 à Evry-Courcouronnes (Essonne).
Malik Zerkal avait 33 ans. Il a été tué d’une balle en plein torse le 1er octobre 2020 à Evry-Courcouronnes (Essonne). DR

« On a grandi ensemble, je n'arrive pas à y croire, il n'était jamais dans les coups foireux. » Cet habitant de Grigny (Essonne), comme de nombreux autres, pleure la mort de Malik Zerkal, survenue jeudi après-midi à l'âge de 33 ans. Ce jour-là, Malik vole à l'aide de Ryad, son garagiste qui tient le garage RM auto dans la zone Saint-Guenault à Evry-Courcouronnes qui est pris à partie par O., un homme âgé de 55 ans, lui aussi originaire de Grigny. Il a réalisé des travaux de maçonnerie pour Ryad. Le ton monte, un salarié d'une entreprise voisine intervient. La police se déplace. L'incident est clos rapidement. Malik reste.

LIRE AUSSI > Des travaux de maçonnerie à l'origine de l'assassinat à Evry-Courcouronnes

Une heure plus tard, O. revient. Cette fois, il est armé d'un revolver. Il tire une première balle dans la main de Ryad. Malik demande aux personnes présentes de se mettre à l'abri. Il bondit alors pour le désarmer. Il est alors fauché par un projectile qui l'atteint en plein torse. Malgré l'intervention des secours, Malik décède sur place. O., lui, a déjà pris la fuite.

Il a finalement été interpellé à Paris où il se cachait grâce à « la solidarité d'habitants de Grigny », puis placé en garde à vue ce samedi par les enquêteurs de la brigade criminelle de la direction régionale de la police judiciaire de Versailles (Yvelines). « Il s'apprêtait à partir aux Pays-Bas », explique une source proche de l'enquête.

Evry-Courcouronnes (Essonne), le 1er octobre 2020. C’est au fond de l’allée Maryse-Bastié, entre la zone d’activités ici à droite et le centre de distribution de la Poste, que les coups de feu ont eu lieu. LP/Romain Chiron
Evry-Courcouronnes (Essonne), le 1er octobre 2020. C’est au fond de l’allée Maryse-Bastié, entre la zone d’activités ici à droite et le centre de distribution de la Poste, que les coups de feu ont eu lieu. LP/Romain Chiron  

Malik Zerkal était très connu à Grigny. L'un de ses trois frères, Arsène, est adjoint au maire de la commune. Il avait aussi deux sœurs. En deux jours, une cagnotte en ligne a permis de collecter plus de 8000 euros pour aider sa famille. « C'était quelqu'un de droit, la gentillesse incarnée », livre une amie. Malik était marié, père d'une fille et son épouse est enceinte de leur second enfant. Selon nos informations, plus jeune, il avait joué au sein du club local de rugby à XIII.

«Ce drame a retourné tout le monde»

Vendredi soir, dans la salle du Bélier à Grigny, une cérémonie de recueillement a réuni « énormément de monde », d'après le maire (PCF), Philippe Rio, qui était présent avec d'autres élus. « Je ne connaissais pas particulièrement Malik, mais je connais très bien la famille, explique, encore ému, l'élu. Ce sont des gens de bien, humbles, travailleurs. Une famille respectée et respectable, très connue à la Grande Borne. J'étais au collège avec Arsène. Cela fait 35 ans que je connais la famille Zerkal. Ils ne font pas de bruit. Ils font pour les autres avant tout. Ce drame a retourné tout le monde. »

Un des autres frères de Malik, Ahmed, est employé communal et a été le fondateur en 2001 de l'association Vivacité dont le but est de lutter contre la violence par le sport.

«Malik n'aimait pas la violence, livre une proche. Le connaissant, en intervenant, il a voulu protéger les gens mais empêcher le monsieur de faire une bêtise ».

La photo du meurtrier présumé de Malik Zerkal a circulé sur les réseaux sociaux. DR
La photo du meurtrier présumé de Malik Zerkal a circulé sur les réseaux sociaux. DR  
O., le meurtrier présumé, déjà connu de la justice

En 2018, il avait été condamné pour des violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique et des menaces de mort sur ce même fonctionnaire. O., 55 ans, est depuis ce samedi après-midi entendu par les policiers de la brigade criminelle pour assassinat et tentative d’assassinat commis à l’encontre de Ryad, 35 ans, blessé à la main, et de Malik, 33 ans, tué d’une balle dans le torse. L’homme avait pris la fuite immédiatement après les faits commis rue Maryse-Bastié à Evry-Courcouronnes et s’est caché pendant deux jours avant d’être logé par la police à Paris.

Lui aussi est originaire du quartier de la Grande Borne, plus particulièrement du secteur du Méridien sur le côté Viry-Chatillon de la cité. Sa photo et son adresse ont été diffusées sur les réseaux sociaux dans les heures suivant les faits alors qu’il était toujours recherché par les forces de l’ordre. Ceux qui le connaissent font le portrait peu flatteur d’un homme « pas très équilibré » qui consommerait « drogues et alcool ».

Le parquet d’Evry-Courcouronnes va ouvrir une information judiciaire à l’issue de sa garde à vue et il sera présenté ce lundi à un juge d’instruction qui le mettra en examen. Le juge des libertés et de la détention sera saisi pour statuer sur son incarcération.