Essonne : le fugitif se cachait dans le squat de fêtards qui perturbe le village

Depuis une semaine, l’arrivée d’une quinzaine de fêtards dans une maison de Prunay-sur-Essonne trouble la vie des riverains. Ce week-end, les gendarmes y ont interpellé un homme recherché par la justice.

 Prunay-sur-Essonne, lundi 5 octobre 2020. Depuis l’arrivée d’une quinzaine de fêtards dans cette maison, le voisinage multiplie les appels aux gendarmes.
Prunay-sur-Essonne, lundi 5 octobre 2020. Depuis l’arrivée d’une quinzaine de fêtards dans cette maison, le voisinage multiplie les appels aux gendarmes. LP/Florian Garcia

Devant le pavillon, la poubelle et le sac remplis de bouteilles d'alcools forts et de soda témoignent de la fréquence des fêtes qui s'y déroulent. Apprécié pour son calme, le petit village de Prunay-sur-Essonne et ses 300 habitants peinent à dormir depuis une quinzaine de jours. En cause? L'arrivée soudaine d'une quinzaine de fêtards dans une maison occupée par un jeune homme seul.

Depuis deux semaines, les gendarmes multiplient les passages aux abords du domicile. Vendredi 9 octobre, une mère signale la fugue de sa fille mineure, et sa probable présence dans une maison de Prunay-sur-Essonne où elle se ferait frapper par son conjoint. Lors de leur intervention, les militaires ne constatent pas de violences, mais la jeune fille « semble sous l'emprise de la drogue, un peu vaseuse », confie une source proche de l'enquête. Elle est conduite au Centre hospitalier sud francilien (CHSF) de Corbeil-Essonnes pour un bilan de santé.

Un homme interpellé et écroué

Pendant ce temps, les gendarmes vérifient l'identité du conjoint. « Ils se rendent compte qu'il fait l'objet d'une fiche de recherche pour séquestration et extorsion », ajoute une source proche de l'enquête. L'homme est placé en garde à vue, puis conduit au tribunal judiciaire d'Evry-Courcouronnes le lendemain, où il est écroué pour une durée de 15 mois ferme au regard de ses condamnations précédentes.

Dans la petite allée coincée entre la route départementale et la voie ferrée, ces nuisances jusqu'alors méconnues passent mal. « On n'a pas l'habitude, souffle le voisinage. Ça dure depuis deux semaines… Ils sortent en hurlant, poussent des cris et visitent même les jardins pour trouver à manger. On ne sait pas comment ça va évoluer. Nous craignons que des personnes encore moins fréquentables les rejoignent. »

«Les gendarmes viennent deux à trois fois par jour»

Logiquement, ces nuisances sont remontées jusqu'aux oreilles du maire. « Quand les gendarmes sont appelés à Prunay, ils n'ont pas besoin de l'adresse, ils savent directement où aller, ironise Patrick Pagès (SE). D'autant plus qu'ils viennent deux à trois fois par jour. »

Prunay-sur-Essonne, lundi 5 octobre 2020. Une quinzaine de fêtards se sont installés dans un village tranquille de l’Essonne. LP/Florian Garcia
Prunay-sur-Essonne, lundi 5 octobre 2020. Une quinzaine de fêtards se sont installés dans un village tranquille de l’Essonne. LP/Florian Garcia  

L'élu poursuit : « Une fois, c'est parce qu'ils vagabondent sur la route, une autre fois c'est pour le bruit, ou encore une autre pour des petits larcins, détaille-t-il. Certains sont rentrés dans des propriétés par-dessus les portails. L'un de nos habitants s'est fait voler une douzaine d'œufs. Ils ont déjà toqué à la porte de tout le voisinage. »

Patrick Pagès a rapidement envoyé un courrier à la population, pour les inciter à la vigilance. Et une lettre à la procureure de la République pour lui signaler les faits. « La brigade territoriale de Milly-la-Forêt, avec qui nous travaillons, est très au courant du problème, indique-t-il. J'ai aussi prévenu la famille du jeune propriétaire, qui est assez influençable. Il faut agir vite. Quand on laisse un mégot au sol, on le ramasse tout de suite ! C'est pareil. Nous sommes un village de « rurbains », avec une population qui aspire au calme. »