Essonne : condamné à trois ans de prison ferme pour l’agression d’un pompier

Jugé en comparution immédiate pour une agression au couteau à Lisses, cet homme de 37 ans est reparti menotté à Fleury-Mérogis. Une sanction « exemplaire », saluent les pompiers.

 ILLUSTRATION. Les pompiers avaient été agressés à Lisses dans la nuit de dimanche à lundi.
ILLUSTRATION. Les pompiers avaient été agressés à Lisses dans la nuit de dimanche à lundi. LP/Gerald Moruzzi

« Une condamnation exemplaire ». Les sapeurs-pompiers de l'Essonne saluent le délibéré du tribunal correctionnel d'Evry-Courcouronnes rendu ce mardi. L'agresseur des pompiers de Corbeil-Essonnes, dans la nuit de dimanche à lundi, a été condamné à trois ans de prison ferme, avec mandat de dépôt, ce qui signifie qu'il a été conduit directement à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis à l'issue de l'audience.

Quatre ans avaient été requis pour les outrages, menaces et violences commises sur personne chargée de mission de service public, avec arme et en état d'ivresse, indique le parquet d'Evry-Courcouronnes. L'homme de 37 ans, de nationalité roumaine, était « en état de récidive légale », précise le ministère public, pour des faits de violences aggravées commis en novembre 2019. Déjà condamné 11 fois, il est également connu de la justice pour de nombreux vols.

Les deux pompiers, eux, avaient écopé d'une ITT (incapacité totale de travail) de 4 jours pour des violences psychologiques. L'agression avait été particulièrement marquante. Dans la nuit de dimanche à lundi, c'est le prévenu lui-même qui appelle les secours pour un feu de voiture. « Il est très alcoolisé », confie une source proche de l'enquête.

Un couteau de cuisine et un canif

Sur un parking de la zone industrielle de Lisses, rue de la Closerie, les pompiers tentent d'éteindre l'incendie. L'homme, qui habite dans un camp précaire à proximité, commence à filmer l'intervention. « Il gêne les pompiers, reprend une source judiciaire. L'un d'eux lui prend son téléphone pour qu'il arrête. Le prévenu lui agrippe le bras, et le pompier réplique d'un coup de poing qui lui ouvre l'arcade ».

Furieux, l'homme sort alors un premier couteau de cuisine et tente d'asséner un coup au pompier, de dos. « Il a levé le couteau de haut en bas », reprend cette même source. L'agresseur est maîtrisé une première fois in extremis par les collègues du pompier visé. « Désarmé du premier couteau, il en sort un deuxième, un petit canif, et tente à nouveau d'asséner un coup », ajoute une source judiciaire. Avant d'être une nouvelle fois stoppé et interpellé par les gendarmes dépêchés en urgence.

« Une peine historique »

A l'audience, l'homme a expliqué s'être « défendu » face aux pompiers. L'agression avait, à l'origine, été qualifiée de « tentative de meurtre ». Ce qui n'a finalement pas été retenu. « L'enquête était close, justifie une source judiciaire. La tentative de meurtre nécessitait une ouverture d'information judiciaire… La requalifier était le meilleur moyen d'obtenir une sanction rapide. » Alexandre Prunet, du syndicat Spasdis-CFTC, s'en réjouit : « Il s'agit d'une peine historique, confie-t-il. Le message, c'est : agresser un pompier peut faire encourir une lourde peine ».

En Essonne, les pompiers sont régulièrement la cible de violences. En témoignent, dans la cité des Tarterêts de Corbeil-Essonnes, ce lundi soir, des violences urbaines qui ont visé pompiers et policiers. Appelés pour l'incendie de deux conteneurs poubelles au pied d'un mât de vidéosurveillance, les soldats du feu ont été la cible de projectiles et de mortiers par une vingtaine de personnes. Ils ont dû être escortés par les policiers, qui répliquaient par des tirs de LBD (lanceur de balles de défense), pour éteindre le feu et maintenir la caméra intacte. Près d'une quarantaine de policiers ont été mobilisés. Aucun blessé n'est à déplorer, et un jeune a été interpellé.