Essonne : chassés de leur tente par la crue, Nina, Christophe et leur futur bébé ont besoin d’aide

Christophe et Nina, qui est enceinte, étaient installés depuis quelques mois en bord de Seine, à Corbeil-Essonnes. Mais avec la montée du fleuve et la grossesse de Nina, ils ne peuvent plus rester là et lancent un appel à la générosité.

 Corbeil-Essonnes, ce vendredi. Nina, enceinte de trois mois, et Christophe dormaient sous une tente en bord de Seine, mais le fleuve déborde. Ils ont été relogés en urgence par Ali Gattouffi (à droite) de l’association Entraide et solidarité.
Corbeil-Essonnes, ce vendredi. Nina, enceinte de trois mois, et Christophe dormaient sous une tente en bord de Seine, mais le fleuve déborde. Ils ont été relogés en urgence par Ali Gattouffi (à droite) de l’association Entraide et solidarité. LP/S.M.

Les cygnes tournent autour de leurs tentes, qui se retrouvent désormais à quelques centimètres de l'eau. Nous avions rencontré Christophe et Nina en décembre dernier lors d'une maraude avec l'association Entraide et solidarité. Le couple, qui s'était connu l'été précédent à Marseille, s'était installé en septembre sous une tente en bord de Seine à Corbeil-Essonnes, en attendant meilleure fortune.

Nina, à peine 20 ans, en rupture familiale, et titulaire d'un CAP en cuisine, a été touchée de plein fouet par la crise sanitaire qui a vu fermer les restaurants. Christophe, 45 ans, son compagnon, recherche toujours du travail dans les espaces verts, le maraîchage. Mais en janvier, tout a changé. « J'ai appris que j'étais enceinte. J'ai pleuré, sourit Nina. C'est mon premier, c'est le plus beau des événements. Ça met du baume au cœur. »

Un relogement provisoire à l'hôtel

Du coup, dormir sous la tente, qui n'était déjà pas facile avec le froid hivernal, devient une solution encore moins appropriée. D'autant que depuis deux semaines, le niveau de la Seine ne cesse de monter. La faute à une météo capricieuse, avec des pluies quasi sans discontinuité depuis deux mois. Le couple a dû déplanter les tentes pour les installer un peu plus haut. Mais le fleuve, qui déborde sur les berges de plusieurs mètres, continue sa crue. Rester là devient vraiment dangereux.

Villabé, ce vendredi. Depuis mercredi, Entraide et solidarité leur a trouvé une chambre d’hôtel. Une solution provisoire. LP/S.M.
Villabé, ce vendredi. Depuis mercredi, Entraide et solidarité leur a trouvé une chambre d’hôtel. Une solution provisoire. LP/S.M.  

Alerté, Ali Gattoufi, de l'association Entraide et solidarité, leur a trouvé un hôtel mercredi pour les mettre au chaud et en sécurité. « Être enceinte, dans une tente? On est en France! On ne peut pas les laisser à la rue », s'exclame-t-il. Fin 2019, il avait déjà sorti une famille de la rue. La famille de Michel et Marie-José, qui vivait dans les bois près de Savigny-sur-Orge, avait obtenu les clés d'un appartement de type F 4 à Sainte-Geneviève-des-Bois, grâce à l'action d'Ali Gattoufi.

Pour que le couple soit confortable, l'association leur a choisi un bon hôtel à 70 euros la nuit. « Il leur fallait quelque chose de bien, pas avec des douches à l'extérieur », explique l'associatif. Mais ce n'est qu'une solution provisoire, d'autant que le coût est élevé. « Ils sont logés jusqu'à mercredi prochain (le 10 février). Nous lançons un appel au don, pour les prolonger jusqu'au dimanche », souhaite Ali Gattoufi.

Mais ce dernier, tout comme le couple, veut trouver une solution pérenne. « Nous ne voulons plus retourner sous la tente, assurent Nina et Christophe. Ces deux nuits au chaud, ça fait du bien, ça requinque. » « La tente, c'est difficile », souffle Nina. Cette dernière pourrait être hébergée la nuit dans un centre de la Croix Rouge à Étampes. Mais cette structure n'accueille que les femmes. Et pour les deux tourtereaux, pas question d'être séparés.

Trouver un logement, du travail

Ils ont entamé toutes les démarches auprès de la protection maternelle et infantile, l'assistante sociale, les bailleurs… Mais tant qu'elle n'a pas d'enfant, ils ne sont pas prioritaires pour un logement. « Le dossier est fait, assure Christophe. Mais on ne sait pas quand on aura une réponse. À Marseille, j'ai attendu trois ans… pour rien. »

En attendant, ils lancent un appel à la générosité pour trouver un logement dans le parc privé. « Le coût d'une semaine d'hôtel, c'est l'équivalent d'un mois de loyer, note Ali Gattoufi. Si un propriétaire se manifeste pour un studio, nous mettons la garantie de l'association pour le loyer. » Christophe continue de son côté de chercher du travail. Nina aussi est prête à travailler, « je suis une bosseuse, lance la jeune femme. Je vais quadrupler mes efforts, je peux faire du ménage. »

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Car la venue de cet enfant, « c'est du bonheur, mais ça nous met aussi la pression. On ne peut pas rester dans cette situation, on ne peut pas risquer un placement », souffle Christophe.

Pour leur venir en aide : www.entraidesolidarité.org. Tel : 07.60.43.96.11.