Essonne : avec son roman, elle veut alerter sur la « souffrance au travail »

Kikka, originaire de Brunoy, présente son premier livre « Je ne te pensais pas si fragile » dans son combi-van. Elle va désormais partir sur les routes de France.

 Yerres, ce samedi 30 janvier 2021. Kikka, originaire de Brunoy, présente son premier roman sur le harcèlement moral au travail.
Yerres, ce samedi 30 janvier 2021. Kikka, originaire de Brunoy, présente son premier roman sur le harcèlement moral au travail. LP/B.S

Son combi-van jaune détonne dans les rues de Yerres. Samedi dernier, « Kikka » - son pseudonyme d'autrice - l'a posé devant la librairie « Au pain de 4 livres », à Yerres. Elle y présentait son premier ouvrage, « Je ne te pensais pas si fragile » (Eyrolles).

Le sujet du livre, la souffrance au travail, a fait l'objet de peu de littérature et résonne auprès du grand public. « L'histoire de mon héroïne, c'est celle de beaucoup de gens, admet Kikka, originaire de Brunoy. Qu'ils viennent du public, du privé, de tous les âges… ils s'identifient au récit et se confient énormément sur leurs burn-out, par exemple. »

Dans son roman, d'inspiration autobiographique, elle narre la vie de Clotilde, cadre dans un groupe néerlandais de cycles. Elle excelle dans son travail, jusqu'à l'arrivée d'un nouveau patron, dont le management la plongera dans une souffrance physique et psychique.

« Des années de « harcèlement moral au travail »

L'histoire débute dans la chambre de Clotilde, internée dans une clinique psychiatrique. Elle tente ensuite de retracer ce qui l'y a menée. Soit des années de « harcèlement moral au travail » qui ont aussi rongé la vie de l'autrice. Kikka a en effet occupé pendant une vingtaine d'années des fonctions commerciales et marketing à la direction de petites et moyennes entreprises. La mère de famille a trouvé en l'écriture un moyen de « libérer » sa parole et d'exprimer sa résilience.

Yerres, ce samedi. L’autrice en pleine séance de dédicaces./DR
Yerres, ce samedi. L’autrice en pleine séance de dédicaces./DR  

Pour présenter son livre, Kikka entame un road-trip de trois mois dans toute la France. « J'aimerais aller à la rencontre des gens qui ont vécu la même chose, les écouter et partager leur expérience, explique-t-elle sur la banquette de son combi-van. Je vais me rendre à plusieurs conférences sur le sujet dans l'Est, mais aussi à Toulouse, Montauban, et dans des villages. Avec la crise sanitaire, les signatures en librairie se compliquent, alors, le combi est une bonne option. »

Kikka préfère rester évasive sur son parcours précis et ne souhaite pas dévoiler le nom de l'entreprise dans laquelle elle évoluait. « Ce que je veux, c'est dénoncer un système, relancer le débat sur l'efficacité de la médecine du travail, des DRH, poursuit-elle. J'aimerais éveiller les consciences sur le positionnement de l'humain dans l'entreprise. Mon message, c'est : on s'en sort, on s'en relève, on n'est pas si fragile. Et pourquoi pas créer un hashtag #PasSiFragile ? »

La couverture de son livre, où s'entremêlent des rouages de vélo, symbolise l'engrenage fatal dont Kikka a souffert. Et le bleu turquoise ? « C'était la couleur de la cravate de mon harceleur ».

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Je ne te pensais pas si fragile (Eyrolles), disponible en librairie pour 16 euros.