Essonne : à la pagode Khánh Anh, le Covid-19 n’a pas eu raison du Nouvel An asiatique

La communauté vietnamienne se réunira ce jeudi à Evry-Courcouronnes pour célébrer le passage à la nouvelle année. Crise sanitaire oblige, le rendez-vous sera strictement encadré et en petit comité.

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 Evry-Courcouronnes, ce mercredi. Le vénérable Thich Quang Dao célébrera le passage à l’année du Buffle ce jeudi, devant un public restreint.
Evry-Courcouronnes, ce mercredi. Le vénérable Thich Quang Dao célébrera le passage à l’année du Buffle ce jeudi, devant un public restreint. LP/Florian Garcia

Pas de repas, pas de défilé non plus et, surtout, un public restreint. Malgré la crise sanitaire, la pagode Khánh Anh d'Evry-Courcouronnes, le plus grand temple bouddhiste d'Europe, s'apprête à célébrer, ce jeudi, le passage à l'année du Buffle. Mais en raison de la pandémie de coronavirus, seuls les temps de prière ont été conservés… et seront strictement encadrés.

Exit donc les grandes tablées qui réunissaient les convives avant la cérémonie de minuit. Cette année, les fidèles devront patienter dehors et attendre leur tour avant de pénétrer dans la salle de prière. « Nous n'avons pas le droit de servir des repas, explique Kim Ong, fidèle de la pagode. Et avec le couvre-feu, impossible de se réunir à minuit, la prière aura lieu à midi. »

Pas plus de 50 fidèles dans la salle de prière

Habituellement, la grande salle de prière qui abrite une statue de Bouddha de cinq tonnes couverte de feuilles d'or peut contenir jusqu'à 400 personnes. Mais ce jeudi, seuls 50 fidèles seront autorisés à entrer. « Il n'y a pas de réservation, reprend Kim Ong. Les premiers arrivés seront les premiers à entrer. »

Pour que chacun puisse profiter de l'événement, et de la distribution d'enveloppe porte-bonheur par le vénérable Thich Quang Dao, les fidèles seront invités à ne pas s'éterniser. « Tout le monde a été informé, assure le vénérable. Jusqu'à présent, il n'y a jamais eu aucun problème lors de nos cérémonies. »

Bien entendu, le masque sera de rigueur, tout comme le lavage de main au gel hydroalcoolique. « Des marques ont été inscrites sur le sol, reprend Kim Ong. Elles permettent d'assurer la distanciation sociale. »

A la pagode, Thiet Vu Hong est responsable du bon respect de ces mesures. « C'est très important qu'elles soient bien appliquées, lâche-t-il. Nous ne voulons pas être accusés de propager le virus. Sur le nombre de personnes, les distances et le masque, je suis intraitable. »

La pagode a perdu une grande partie de ses revenus

Comme le veut la tradition, les pétards allumés pour chasser les mauvais esprits de l'année passée pourront bien retentir, mais uniquement dans l'enceinte de la pagode. « Les fidèles seront sur le balcon à l'étage, décrit Kim Ong, ils ne pourront pas s'approcher du dragon qui sera en bas. Encore une fois, nous faisons attention aux distances. » Cette année, les concerts et autres spectacles de danse qui rythment les jours suivants n'auront pas lieu.

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Avec la crise sanitaire, et l'impossibilité d'assurer les visites, la pagode Khánh Anh a perdu une grande partie de ses revenus. « La pagode vit uniquement avec les dons des fidèles, rappelle-t-il. Nous ne sommes pas les plus à plaindre mais c'est quand même un coup dur. Les charges fixes, elles, ne s'arrêtent pas… Nous ne sommes pas les seuls, toutes les religions vivent la même chose. »