Essonne : à bord de l’ULM qu’il a entièrement réalisé, l’ancien charcutier vole au vent

Après sept ans de travail, ponctués d’incalculables heures dans le hangar du Racer Club de Guillerval, Jean Plé peut enfin profiter de son Jodel D9 qu’il a confectionné de A à Z.

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 Guillerval, aérodrome d’Etampes-Mondésir, vendredi 12 février 2021. Jean Plé, ancien charcutier, a réalisé son ULM avec l’aide de ses amis du Racer Club.
Guillerval, aérodrome d’Etampes-Mondésir, vendredi 12 février 2021. Jean Plé, ancien charcutier, a réalisé son ULM avec l’aide de ses amis du Racer Club. LP/Florian Garcia

As des vol-au-vent dans sa charcuterie de Saclas (Essonne), ce passionné d'aéronautique vole désormais dans un ULM qu'il a réalisé de A à Z. Après un premier essai plein d'espoir fin décembre, Jean Plé trépigne d'impatience en attendant les premiers beaux jours, synonymes de décollage immédiat pour son rutilant Jodel D9 rouge et gris.

Soigneusement recouvert de couvertures dans le hangar du Racer Club de l'aérodrome d'Etampes-Mondésir à Guillerval, l'engin fait la fierté de son propriétaire. Après sept ans d'un méticuleux travail, Jean Plé revient sur cette incroyable aventure avec émotion. « J'ai toujours été passionné d'aéronautique, explique-t-il dans la salle de repos du club. Quand j'étais petit, je venais déjà sur cet aérodrome. Les pilotes m'emmenaient faire des tours, j'étais fasciné. »

Dix fois le tour de la France en ULM

En grandissant, cette passion pour les avions ne va jamais le quitter. Artisan charcutier reconnu pour avoir été le premier à utiliser le cresson de Méréville dans ses réalisations, cet enfant du pays aujourd'hui âgé de 74 ans décroche son brevet de pilote en 1977. « Je travaillais beaucoup, je n'avais que très peu de temps libre, se souvient-il. Mais le lundi, j'aimais bien venir piloter. » Cette passion va le conduire à boucler dix fois le Tour ULM, l'équivalent pour les aéronefs du Tour de France cycliste.

À l'âge de la retraite, Jean Plé se fixe un nouvel objectif : confectionner son propre avion. « Je suis parti d'un tas de planches, s'amuse-t-il. Mais quand on veut apprendre, on y arrive. » Pilote émérite, bricoleur, Jean Plé n'est pour autant pas un grand mécanicien. « Il faut se faire aider, reconnaît l'ancien charcutier. C'est comme cela que l'on apprend. Mes amis du Racer Club étaient là pour m'accompagner. J'ai donc appris beaucoup de choses, en particulier à devenir menuisier. »

Sept ans de travail ont été nécessaires pour réaliser ce Jodel D9. LP/Florian Garcia
Sept ans de travail ont été nécessaires pour réaliser ce Jodel D9. LP/Florian Garcia  

150 km/h en vitesse de croisière

Difficile à croire mais son Jodel de 198,7 kg, capable de voler à une vitesse de croisière de 150 km/h est composé d'une structure en bois. « Il a d'abord fallu acheter les plans, puis le bois qui doit être agréé pour l'aéronautique, décrit-il. Ensuite, il faut couper, tailler aux bonnes dimensions, assembler et coller le tout. Au total, ce projet m'a coûté environ 15 000 euros. »

Une somme qui, bien évidemment, ne comprend pas les innombrables heures de travail. « En moyenne, je venais une journée ou deux par semaine, se rappelle le passionné. Mais surtout, il faut veiller à ce que la passion ne soit pas au détriment de la vie de couple. »

Pour l'heure, Jean n'a pas encore volé à bord de l'appareil. Après « quelques petits sauts de puce » sur la piste en herbe de l'aérodrome, l'ancien charcutier a confié le premier vol à un ami plus expérimenté. « Il m'a confirmé que tout était sain, souffle-t-il rassuré. Il s'incline à peine à gauche mais nous sommes en train de corriger ça, assure-t-il. La prochaine étape va durer une quinzaine d'heures, elle consistera à tourner pas trop haut autour de la piste. Et après, je pourrai voler. Dans ce monoplace, on a la tête au vent. En été, c'est un pur bonheur ! »