Espérance de vie en Ile-de-France : en Essonne, la palme revient aux femmes de Villebon-sur-Yvette

En exclusivité, Le Parisien dévoile les résultats de l’étude menée par l’Observatoire régional de santé et de l’Institut Paris Région. En Essonne, ce sont les femmes vivant à Villebon-sur-Yvette qui ont la plus longue espérance de vie.

AbonnésCet article est réservé aux abonnés.
 Villebon-sur-Yvette, lundi 15 février 2021. Rolande, 77 ans, n’est pas surprise par l’étude de l’Institut Paris Région et de l’Observatoire régional de la santé qui place la commune en tête du département pour l’espérance de vie chez les femmes.
Villebon-sur-Yvette, lundi 15 février 2021. Rolande, 77 ans, n’est pas surprise par l’étude de l’Institut Paris Région et de l’Observatoire régional de la santé qui place la commune en tête du département pour l’espérance de vie chez les femmes. LP/Florian Garcia

Vivre à Villebon-sur-Yvette serait source de longévité. C'est ce qui ressort du rapport de l'Observatoire régional de santé et de l'Institut Paris Région que Le Parisien révèle en exclusivité ce mardi. Avec une espérance de vie de 89 ans, les femmes de cette petite commune de 10 500 habitants sont en tête du classement départemental.

Sac de courses à la main, Rolande s'apprête à faire ses commissions à deux pas de la mairie. « Ça ne me surprend pas, lâche cette retraitée de 77 ans. Nous avons tous les avantages d'une grande ville mais avec un cadre de vie bien plus agréable. »

«Nous sommes vraiment au calme»

Comment expliquer cette longévité record ? Dans son étude, l'Observatoire régional de santé se penche sur les pathologies et les causes des décès. Sans rentrer dans le détail, l'organisme précise « que 37,3 % des décès annuels de la commune ont pour origine un cancer et 24,2 % une maladie cardiovasculaire ». Mais l'explication n'est pas là, à l'échelle de l'Ile-de-France, 30,8 % des décès sont consécutifs à un cancer et 21,3 % à une maladie cardiovasculaire.

Le rapport se penche également sur les nuisances comme le bruit, avec 76 % de la population qui serait exposée au bruit. Rolande confirme le passage régulier d'avions au-dessus de sa tête. « Nous en entendons quelques fois mais ça va, c'est tout à fait acceptable, admet-elle. Nous sommes vraiment au calme. »

Pour expliquer cette espérance de vie supérieure de trois ans aux données départementales et régionales, il faut se pencher sur le niveau de vie des habitants. Selon l'étude, Villebon-sur-Yvette est une ville plutôt aisée. Avec un taux de pauvreté à 6 %, la commune se place largement en dessous des moyennes départementales (12,7 %) et régionale (15,3 %).

Un recours massif au dépistage

Autre enseignement, près de 50 % de la population est titulaire d'un diplôme de l'enseignement supérieur. « Cette donnée peut expliquer le résultat final de l'étude, abonde Philippe Naszalyi, président du conseil territorial de santé (CTS). Il s'agit d'une population qui travaille majoritairement dans le tertiaire et dans l'enseignement. Les personnes avec un niveau intellectuel élevé sont généralement soucieuses de leur santé. On constate souvent chez elle une alimentation équilibrée et de l'exercice. » L'étude le confirme : 45,9 % des femmes de Villebon-sur-Yvette ont subi un dépistage du cancer de sein. Elles ne sont que 36,8 % à l'échelle régionale.

À l'inverse, la commune de Dourdan enregistre l'espérance de vie la plus faible du département, avec 77 ans pour les hommes. Celle des femmes atteint 83,7 ans, soit une moyenne globale de 80,35 ans.