Emplois, loisirs, biodiversité : en Essonne, décollage réussi pour l’ex-base aérienne 217

Rétrocédé par l’Etat en 2015, le site de 300 ha situé à cheval sur Brétigny-sur-Orge et Le Plessis-Pâté est en pleine reconversion. Tour d’horizon des projets en cours.

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 Les 300 hectares de la Base 217 sont situés à cheval sur les communes du Plessis-Pâté et de Brétigny-sur-Orge.
Les 300 hectares de la Base 217 sont situés à cheval sur les communes du Plessis-Pâté et de Brétigny-sur-Orge. A. Magnan-Airborne Films

En décembre 2015, l'Etat rétrocédait pour un euro symbolique l'ex-base aérienne 217 à l'agglomération Cœur d'Essonne. Objectif : offrir un nouvel avenir à ces 300 hectares situés à cheval sur Brétigny-sur-Orge et Le Plessis-Pâté. Cinq ans après la signature, Eric Braive, le président (DVG) du territoire, fait un point sur l'avancée des projets de ce qui est devenu La Base 217.

4 000 emplois créés en 5 ans

L’Etat y avait imaginé des logements. Les élus de Cœur d’Essonne agglomération y ont plutôt vu une possibilité unique de réduire un déficit fort sur le territoire : celui de l’emploi. « Nous voulons permettre aux habitants de travailler près de chez eux, quelle que soit leur qualification, assure Eric Braive. Avec déjà 4 000 emplois créés, on peut considérer que le pari est réussi. »

qui travaillent jour et nuit au sein de l’entrepôt du géant américain. Mais le site a séduit cinq autres industriels comme Nippon Paint ou encore

. Deux autres devraient bientôt les rejoindre. « Nous ne voulons pas que de l’industriel ou de la logistique. L’accent sera aussi mis sur la formation et l’artisanal, annonce le président. Il y a quelque chose à porter pour la création de nouvelles filières. »

La piste, un véritable atout

Une piste de goudron de 100 m de large et 1,4 km de long. Trop compliquée et coûteuse à détruire, elle est devenue un atout du site. À l'abri des regards, l'Utac, leader dans les domaines de l'homologation et des essais automobiles, loue l'espace 100 jours par an pour y tester les véhicules de demain. La fédération française de char à voile y a ouvert son premier club en Ile-de-France. Sans parler de Live Nation qui, deux années de suite, a organisé sur place le Download festival. « Il y a de grandes chances de voir d'autres événements similaires organisés sur le site, promet Eric Braive. Il y a de plus en plus d'acteurs qui se disent que sur la base, c'est possible. »

Une partie de la base va se transformer en lieu de vie. LP/Florian Garcia
Une partie de la base va se transformer en lieu de vie. LP/Florian Garcia  

Un futur « lieu de vie »

Accueillir les habitants lors d'événements n'est qu'une première étape. À terme, une partie de la base devrait être ouverte au public. « Elle ne peut pas rester un lieu clos, estime le président. Certains endroits devront rester confidentiels, mais nous étudions la possibilité de transformer le site en un lieu de vie. Où les personnes pourront venir s'y promener, faire du sport, organiser des pique-niques… » Mais pour cela, il faudrait permettre aux habitants de se déplacer facilement à l'intérieur. Des voies existent déjà mais sont insuffisantes. « Il va falloir concevoir un plan de mobilité. Dans tous les cas, ce ne sera que des moyens de déplacements doux, à vélo ou en voiture électrique par exemple. »

Objectif biodiversité

Pique-niquer, courir… Et pourquoi y admirer les oiseaux. Une étude est en cours pour créer des lieux d'habitats pour les volatiles. Une chouette effraie a déjà élu domicile dans le pied reconstitué de la tour Eiffel du studio de cinéma extérieur de la Base 217. « À cause des avions, les oiseaux avaient pris l'habitude de ne plus venir se poser ici. Mais depuis quelque temps, on les voit revenir, comme les cigognes, se réjouit Eric Braive. Nous sommes en train de travailler avec des paysagistes pour réintroduire une forme de biodiversité : on pourrait retrouver des crapauds, des oiseaux ou encore la faune existante en Ile-de-France. Nous planchons également avec le syndicat de l'Orge sur l'idée de recréer des zones humides. Nous voulons monter un écosystème durable où nous n'aurions plus besoin d'intervenir. »

Depuis deux ans, 60 hectares de la Base 217 sont cutivés par quatre maraîchers. LP/Nolwenn Cosson
Depuis deux ans, 60 hectares de la Base 217 sont cutivés par quatre maraîchers. LP/Nolwenn Cosson  

La Ferme de l'Envol se développe

Entre environnement et agriculture biologique, il n'y a qu'un pas. Cette année, près de 130 tonnes de fruits et légumes ont été cueillis sur le site de la Ferme de l'Envol. Depuis deux ans, 60 hectares de la Base 217 sont entre les mains de quatre maraîchers. D'ici deux mois, des ovins et/ou des caprins seront élevés sur le site. « Nous avançons plus vite que prévu, savoure le président. De grands chefs ont pu les proposer dans leur restaurant. Nous espérons qu'à terme, en plus d'alimenter les cantines scolaires de notre territoire, ces produits pourront être vendus directement aux habitants. Il y aura un équilibre à trouver entre le prix pour le consommateur et le salaire qui reviendra aux agriculteurs. »

Des transports à améliorer

Reste la question des transports. Si pour les besoins d'Amazon, des navettes ont été renforcées entre la gare de Brétigny-sur-Orge et l'entrée du site, la Base reste difficilement accessible autrement qu'en voiture. Et la D 19 qui longe une partie du site est souvent saturée. Depuis plusieurs années, les élus de l'agglomération rêvent de voir la construction d' un téléphérique qui rejoindrait d'un côté la gare RER D d'Evry-Courcouronnes, de l'autre celle du RER C de Brétigny. Une utopie pour de nombreux élus Essonniens, mais le président de Cœur d'Essonne veut y croire. « Cela fonctionne à Brest (Finistère), pourquoi pas ici? Et c'est tellement plus souple que de se déplacer en bus. Cela évite surtout d'encombrer les axes qui le sont déjà. »