Essonne : des bourses de 6600 euros pour attirer des étudiants en médecine

Cinq internes en médecine ont accepté une bourse de 6 600 euros par an du département de l’Essonne pendant leurs études. En échange, ils devront exercer au moins cinq ans sur le territoire.

 Mamadou-Ramatta Diallo, interne de médecine, bénéficie d’une bourse du département de 6 600 euros pour s’installer en Essonne. Elle souhaite exercer en milieu rural. DR
Mamadou-Ramatta Diallo, interne de médecine, bénéficie d’une bourse du département de 6 600 euros pour s’installer en Essonne. Elle souhaite exercer en milieu rural. DR DR

Afin de lutter contre les déserts médicaux, le département de l'Essonne avait voté en décembre dernier un dispositif visant à attirer des internes de médecine. Concrètement, ces derniers se voient offrir une bourse de 6600 euros par an pour leurs trois années de troisième cycle. Une première en Ile-de-France. La contrepartie étant qu'à l'issue de leurs études, ils doivent venir exercer sur le département au moins cinq ans.

Cinq étudiants, en première, deuxième ou troisième année d'internat, ont d'ores et déjà répondu à cette offre, le conseil départemental étant prêt à financer au moins 15 bourses par an. « Chaque médecin qui s'installe, c'est une bonne nouvelle, se réjouit François Durovray (LR), le président du conseil départemental. La mèche est allumée, ça venir. Les étudiants font leurs choix à l'automne, c'est à cette période que nous attendons le plus de retours. Nous avons lancé une campagne notamment au Kremlin-Bicêtre et à Créteil. Ces bourses sont une bonne incitation », estime l'élu.

«Ça peut aider car les études, le logement… sont chers»

Parmi les premiers bénéficiaires de cette bourse, quatre sont originaires de l'Essonne. et ont fait savoir qu'ils souhaitent s'installer dans le sud-Essonne, à Longjumeau, sur le secteur de Brétigny-sur-Orge et à Saclas. La cinquième, Mamadou-Ramata Diallo, qui a grandi à Rodez puis Clermont-Ferrand, dit avoir eu « un coup de cœur pour l'Essonne », lors d'un de ses stages pour SOS médecin dans le département. La jeune femme de 28 ans a quitté sa province pour venir faire ses études de médecine au Kremlin-Bicêtre.

« Venir en région parisienne a été un grand changement, confie-t-elle. Tous les six mois, on change de stage. Le mien à SOS médecin, sur le secteur de Massy, du plateau de Saclay, m'a donné envie de m'installer en Essonne. J'ai aimé le côté rural, verdure du département. Dans le même temps, j'ai reçu un mail de la fac sur ces bourses proposées en Essonne. 6600 euros par an, ça peut aider car les études, le logement… sont chers. C'est un plus. »

«De ne pas être loin de Paris est aussi un atout»

Mamadou-Ramata Diallo a donc sauté le pas et signé. Si elle ne sait pas encore précisément où elle souhaite exercer en Essonne, ce sera par contre en milieu rural et en médecine générale. « J'ai grandi à la campagne. J'ai envie de retrouver ce côté paisible. Et le fait de ne pas être loin de Paris, d'avoir accès à tout, est aussi un atout. »

Lors de sons stage chez SOS médecin, elle a pu constater les carences en médecins du département : « On voyait des patients qui n'avaient pas de médecin traitant, ou qui n'arrivaient pas à avoir de rendez-vous avec des médecins surchargés. Du coup, on s'occupait de leur suivi, pas uniquement des urgences, comme un médecin de famille. » Pas d'inquiétude pour sa future carrière en Essonne. La jeune interne, qui aborde sa deuxième année, ne devrait pas manquer de patients quand elle s'installera d'ici deux ans.

Des cabines de téléconsultation à Brétigny et Évry

Pour lutter contre le manque de médecin, le département a également investi dans la télémédecine. Après Moigny-sur-École en février 2019, Evry-Courcouronnes et Brétigny-sur-Orge vont bénéficier de deux cabines de télémédecine d’ici trois ou quatre mois. Un investissement de 205 000 euros. Elles seront installées à la maison des solidarités et à la maison de l’Essonne. « Nous avons voulu les installer dans ces structures pour qu’il y ait une présence humaine », précise François Durovray.

Les patients seront en contact avec un médecin à distance. Le président du département dit également travailler avec l’hôpital de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), afin que des praticiens de l’hôpital fassent des consultations en ville, « sans doute à Montgeron, précise l’élu. Ils se sont rendu compte que les urgences sont débordées, et ils souhaitent dédier des équipes qui sortent de l’hôpital pour y remédier. »