Déplacement de Castex à Grigny : 53 voitures placées en fourrière, la ville s’engage à payer la note

Pour des raisons de sécurité, des places de stationnement avaient été neutralisées lors de la visite du Premier ministre le 29 janvier, avec à la clé une mauvaise surprise pour les habitants…

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 Grigny, mardi 9 février 2021. Près de 80 places de stationnement, comme ici à proximité du centre de formation de la ville, ont été neutralisées pour la visite ministérielle du 29 janvier.
Grigny, mardi 9 février 2021. Près de 80 places de stationnement, comme ici à proximité du centre de formation de la ville, ont été neutralisées pour la visite ministérielle du 29 janvier. LP/Nolwenn Cosson

C'est une visite ministérielle sans précédent qui s'est déroulée le 29 janvier à Grigny. Et qui n'a pas été sans conséquence pour 53 habitants. Le jour même, ils ont eu la mauvaise surprise de découvrir que leur véhicule avait été mis à la fourrière. Coût des frais engagés : 121,30 € pour l'enlèvement et 6,40 € par journée de gardiennage.

Pour assurer ce déplacement gouvernemental en présence du Premier ministre Jean Castex, les services des ministres avaient demandé la mise en sécurité des abords des bâtiments visités. Près de 80 places de stationnement ont ainsi été neutralisées du 28 janvier à midi jusqu'au 29 janvier à 17 heures.

Selon la mairie, dès le 26 janvier, les services municipaux étaient mobilisés pour informer la population. « Outre l'affichage de l'arrêté, des papillons d'information étaient déposés sur les pare-brise et des barrières positionnées aux endroits concernés », précise-t-on.

Une information passée inaperçue auprès de riverains

Des mesures qui seraient passées inaperçues auprès de plusieurs riverains qui assurent n'avoir jamais eu connaissance de ces interdictions temporaires de stationner. « Je n'ai vu aucun flyer, et il n'y avait rien dans nos boîtes aux lettres. Je n'ai pas reçu de mail de la mairie non plus, raconte ainsi Chantal Lebaupin, présidente de l'association Ensemble pour la réussite de Grigny 2, qui habite dans une des rues concernées. En revanche, j'ai bien aperçu la première adjointe faire la circulation dès 7 heures du matin. »

Samir lui a eu de la chance. En allant récupérer sa voiture à 6 heures du matin, il est tombé nez à nez avec les dépanneurs. « Ils m'ont demandé si c'était ma voiture, et m'ont expliqué qu'il fallait que je l'enlève tout de suite si je ne voulais pas qu'elle soit embarquée, se souvient-il. J'ai aussitôt prévenu tous les voisins que je connaissais. Ça s'est transformé en un défilé de personnes en pyjama et chaussées de claquettes qui déplaçaient les véhicules. »

Le remboursement des frais soumis au vote ce jeudi

Un manque de communication pour Kouider Oukbi, conseiller (sans étiquette) d'opposition qui réclame depuis plusieurs jours au maire d'assumer ce couac. « Pour beaucoup, c'est en se rendant au commissariat qu'ils ont compris que leur voiture était à la fourrière. Certains ne sont pas sortis de chez eux avant le lundi matin. C'est une somme conséquente qu'ils ont dû débourser. Et encore fallait-il avoir les moyens de payer. »

Alertée par plusieurs riverains en colère, la municipalité a décidé de rembourser les frais occasionnés. Une délibération sera présentée aux élus jeudi soir lors du conseil municipal. « Au regard du déficit de stationnement […] et du délai de prévenance, il paraît probable que les habitants ne disposaient pas de toutes les informations et/ou n'ont pas trouvé d'autres emplacements pour se stationner régulièrement », peut-on lire dans cette délibération.

Une note qui s'élève à près de 13 000 €

Si elle est votée, les propriétaires pourront être remboursés sur présentation de la facture. La ville s'engage aussi à payer directement la note pour ceux qui n'auraient pas eu les moyens de s'en acquitter. « J'espère que ce n'est pas ce que l'on va retenir de cette visite qui va aboutir sur d'importantes aides pour Grigny. Nous avons quand même obtenu le financement toute taxe comprise des travaux d'urgence qui vont être réalisés à Grigny 2 », rappelle Philippe Rio, le maire (PCF) qui précise que pour ce déplacement, une dizaine de véhicules ont été mobilisés pour acheminer et protéger le cortège.

« C'est une visite de très grande envergure qui s'est organisée très rapidement, poursuit l'élu. Les riverains ont été prévenus du jour au lendemain, mais je n'y suis pour rien. Dès que nous avons été avertis de la situation, nous avons décidé d'agir en assurant le remboursement. »

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Au total, cela devrait coûter à la commune près de 13 000 €. « C'est une somme colossale et une dépense dont la ville (NDLR : la plus pauvre de France) se serait bien passée, regrette Chantal Lebaupin. L'ironie du sort, c'est qu'une voiture ventouse, qui n'a pas bougé depuis des mois, elle n'a pas été embarquée. »

Pour un remboursement, s'adresser au service Prévention et tranquillité publique à la Ferme neuve, 01.69.02.45.83.