Corbeil-Essonnes : regain de tension entre les Tarterêts et Montconseil

Depuis quelques semaines, les deux quartiers se défient. Ce dimanche soir, un attroupement armé d’une quarantaine de personnes a été dispersé aux Tarterêts.

 Corbeil-Essonnes, quartier des Tarterêts.
Corbeil-Essonnes, quartier des Tarterêts.  LP/A.V

Ce week-end, la tension est montée d'un cran entre les Tarterêts et Montconseil, à Corbeil-Essonnes. Depuis plusieurs semaines, les autorités constatent un regain d'animosité entre les deux quartiers, qui s'affrontent régulièrement depuis plus de 30 ans. Un dispositif de prévention alliant les élus, la police et les médiateurs a été mis en place pour anticiper le moindre affrontement.

Nez à nez dans un kebab

L'un d'eux n'a pu être évité ce dimanche après-midi, quand des jeunes des deux quartiers se sont retrouvés nez à nez dans le même kebab de la rue de Paris. « On arrive plutôt à éviter les rixes, mais là, les jeunes se sont rencontrés par hasard… » confie une source proche du dossier. Les petits groupes se dispersent vers 16 heures à l'arrivée des policiers. L'incident fait deux blessés légers. Ils présentent de simples contusions.

Vers 19h30, des jeunes se regroupent, armés, aux pieds des tours des Tarterêts. Avertis, les policiers mobilisent une trentaine d'effectifs et se rendent dans le quartier. Ils y découvrent une quarantaine de personnes et décident de les disperser avec du gaz lacrymogène et deux tirs de LBD. Un mineur et un majeur porteurs d'un couteau et d'une béquille ont été interpellés.

« Les jeunes des Tarterêts disaient vouloir protéger leur quartier »

Aucun blessé n'est à déplorer. Les forces de l'ordre ont quitté les lieux vers 21 heures. Une expédition commando vers Montconseil a-t-elle été évitée ? « Les jeunes des Tarterêts disaient vouloir protéger leur quartier », ajoute une source proche de l'enquête.

Le maire (DVG) de Corbeil-Essonnes, Bruno Piriou, s'est rendu aux Tarterêts dans la soirée de dimanche à lundi pour « saluer » le travail policier. « Nous constatons un regain de tension depuis plusieurs semaines, confirme l'élu. Pour la ville, lutter contre ce phénomène est une priorité. Un dispositif politique est en place. Ces jeunes ont entre 14 et 20 ans. Certains ont peur, cela gâche leur jeunesse. Il faut que cette folie, qui peut être meurtrière, s'arrête. »

Effet couvre-feu ?

Le maire voit dans cette montée de tension entre bandes un effet « confinement » et « couvre-feu », qui a déjà sévi sur d'autres communes. « Beaucoup d'équipements sportifs, éducatifs et de loisirs sont fermés, constate Bruno Piriou. Certains jeunes n'ont pas non plus les moyens de partir en vacances. Nous allons donc être particulièrement vigilants pour ces deux prochaines semaines de vacances scolaires. Pendant le confinement, le sport national ne peut pas être de taper sur le quartier d'à côté! »