«Ce ne sont pas des conditions d’études dignes» : la fac d’Evry va s’offrir un coup de jeune

Livrée en 2000, l’université d’Evry a mal vieilli et nécessite une réhabilitation lourde, rendue possible par l’argent accordé par l’Etat. Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, était sur place ce jeudi.

 Evry-Courcouronnes, ce jeudi. Ce bâtiment de 17 000 mètres carrés va être entièrement rénové en 2022-2023.
Evry-Courcouronnes, ce jeudi. Ce bâtiment de 17 000 mètres carrés va être entièrement rénové en 2022-2023. LP/S.M.

Un chauffage poussif, des problèmes d'humidité, une isolation à revoir… Bien que datant de 2000, les bâtiments de l'université d'Évry-Val-d'Essonne, qui accueillent 12 000 étudiants, présentent de nombreux défauts et nécessitent une lourde réhabilitation. Ce jeudi après-midi, Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, était sur place pour annoncer que 12,3 millions d'euros y seront consacrés dans le cadre du plan de relance. « L'objectif est de redonner de la dynamique, des perspectives, une vision. Notre ambition est de réarmer notre recherche. Construisez votre projet, nous construirons les outils pour lui donner vie », a lancé la ministre.

Cet argent va servir à rénover en premier lieu le bâtiment Maupertuis, pour près de 10 millions d'euros, ainsi que celui d'en face, le bâtiment Ile-de-France. Le bâtiment Maupertuis a été livré en 2000 et accueille plus de 500 personnes. Mais dès l'origine, cet ensemble de 17 000 mètres carrés sur six niveaux « présentait des vices, des malfaçons. Il y a eu des contentieux, rappelle Jérôme Masclaux, directeur de l'Établissement public d'aménagement universitaire de la région Île-de-France (Epaurif). Le chauffage par le plafond a toujours été défaillant. Cette technique n'était sans doute pas assez maîtrisée à l'époque. Et il a été identifié dès 2013 qu'un simple bricolage ne résoudrait pas le problème. Il faut en passer par une réhabilitation lourde du bâtiment. »

«Nous sommes la risée des réseaux sociaux»

« C'est une bonne nouvelle qu'enfin les autorités tournent la tête vers nous, se réjouit Jaures Kouamé, vice-président étudiant de l'université. Cela fait des années que les étudiants se plaignent des conditions d'étude, surtout en hiver. Ils tweetent beaucoup pour dire que ce n'est pas possible d'étudier avec une doudoune et des gants en amphi. Nous sommes la risée des réseaux sociaux. Ce ne sont pas des conditions d'études dignes. »

Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, ici avec Patrick Curmi, le président de l’université. LP/S.M.
Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, ici avec Patrick Curmi, le président de l’université. LP/S.M.  

Patrick Curmi, le président de l'université, se réjouit également de cette manne financière : « C'est un projet qui mature depuis 2013 ! Mais à l'époque, il y avait des turbulences à la tête de l'université et la demande de financement avait été mal évaluée. Le plan de relance arrive à point nommé. Cela va changer la manière de faire de la recherche et d'étudier. Refaire ce bâtiment est une bénédiction. Tout est pourri à l'intérieur, le courant saute régulièrement, il faut désinonder la cave… »

D'autres bâtiments ont besoin d'une rénovation

Outre les problèmes d'isolation, ce bâtiment souffre également de soucis d'humidité, de normes en matière de sécurité et d'accessibilité notamment. Ce qui pose problème pour les chercheurs travaillant au sein des trois laboratoires qui s'y trouvent. « Il peut y avoir des fuites d'eau, nous avons des soucis avec les hottes », énumère Patrick Curmi. « Cela a un impact énorme sur les activités dans ces laboratoires, confirme Jaures Kouamé. On ne peut pas en utiliser tout le potentiel. »

Les travaux devraient commencer dès le premier semestre 2022 pour se terminer en 2023, espère Jérôme Masclaux. « Ce sera un chantier en milieu occupé. L'enjeu sera de minimiser les nuisances pour perturber le moins possible les activités. Nous utiliserons également des locaux temporaires. » Ces travaux d'isolation et de mise aux normes permettront d'économiser environ 80 000 euros par an sur les dépenses énergétiques. Ils permettront également de réorganiser le bâtiment pour le rendre plus pratique et évolutif avec des cloisons mobiles.

Mais, prévient Jaures Kouamé, « il ne faut pas oublier tout le reste. L'université est constituée d'un tas de bâtiments, dont certains très vieux et qui appartenaient avant à la ville. Un des bâtiments de l'IUT est en si mauvais état qu'il a fallu le fermer. D'autres sont limite et menacent d'être fermés pour raison de sécurité. Il faudra aussi s'en occuper. »