Après 2500 opérations et 850 kg de drogue trouvés, la star des chiens policiers Gesko prend sa retraite

Doté d’un flair exceptionnel, ce berger belge basé en Essonne a retrouvé 850 kg de drogues en tout genre et près d’un million d’euros de billets de banque. Son maître revient sur neuf ans de carrière hors-normes.

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 Gesko, berger belge et chien spécialisé dans la traque de stupéfiants et de billets de banque, prend sa retraite après 9 ans et demi de service dans l’Essonne.
Gesko, berger belge et chien spécialisé dans la traque de stupéfiants et de billets de banque, prend sa retraite après 9 ans et demi de service dans l’Essonne. Police Nationale 91

Son palmarès impressionne. Près de 800 kilos de cannabis, 36 de cocaïne, 17 d'ecstasy, 845 000 euros en billets de banque en plus de 2500 opérations de police. En neuf ans et demi de carrière dans l'Essonne, Gesko a le pedigree qu'un «super-flic» humain aura du mal à atteindre dans le domaine de la saisie de stupéfiants. Ce berger belge «Tervueren» a pris sa retraite au mois de janvier.

«D'habitude, une carrière de chien de recherche de stupéfiants dure huit ans, explique Pierre (le prénom a été modifié), 43 ans, son maître-chien, toujours en poste à la brigade canine départementale de l'Essonne. Gesko a prolongé d'un an et demi. Jusqu'à sa dernière mission, il n'a jamais baissé en intensité. Il aurait pu continuer, mais j'avais peur qu'il se blesse. Il n'a jamais été aussi bon qu'en fin de carrière.»

«Gesko a des qualités exceptionnelles»

L'histoire entre Pierre et Gesko débute en novembre 2016. Le chien a connu un autre maître qui l'a emmené sur ses premières perquisitions en mars 2013 avant de se réorienter. «Gesko vient d'un élevage de chiens de travail, raconte Pierre. Il a été détecté et acheté par le centre national de formation des unités canines. Il faut savoir qu'un chien sur 10 testé ne passe pas la détection. Mais Gesko a des qualités exceptionnelles.»

«Son maître le porte parfois pour renifler le plafond, et il trouve du stup en permanence», salue un expert.DR
«Son maître le porte parfois pour renifler le plafond, et il trouve du stup en permanence», salue un expert.DR  

Outre les élevages de travail, ces chiens viennent souvent de la SPA ou de dons de particuliers. «C'est souvent une deuxième vie qui s'offre au chien», remarque Pierre. Il obtient une dérogation pour ramener Gesko à son domicile tous les soirs. Il court avec lui en semaine et le week-end, ce qui facilite le lien. «Autrement, les chiens restent en chenil la nuit», précise-t-il.

Son précieux flair fait du berger belge un enquêteur hors-pair. «Il fait partie de la première génération de chiens entraînés à chercher les billets, indique Pierre. Il était surtout demandé sur des perquisitions en lien avec le trafic de drogue. Ce trafic génère souvent de grosses sommes d'argent liquide.»

Un flair à toute épreuve

L'autre atout majeur pour un chien de recherche, c'est l'enthousiasme. «On cherche des chiens avec un instinct de jeu très fort, détaille Pierre. C'est le cas de Gesko. C'est comme ça qu'on le récompense : après la perquisition, on prend un moment pour jouer.»

Et Gesko a réalisé de très belles prises. «Je me souviens de la perquisition d'une grande maison, raconte Pierre. Le chien a marqué le meuble de la cuisine. Le suspect disait : Ça doit être mes enfants, parfois ils fument des joints ici… J'ai dit à mes collègues qu'il fallait démonter le meuble. Il était en fait équipé d'un double-fond dans lequel se trouvaient 50 000 euros en liquide et un stock très impressionnant d'armes de guerre.»

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Un autre jour, dans la cave d'une cité, Gesko trouve quelques kilos de drogue cachés… avec des pains de TNT. «C'est vraiment utile en perquisition, souffle une source policière qui l'a connu sur le terrain. Son maître le porte parfois pour renifler le plafond, et il trouve du stup en permanence.»

Un chien au mental d'acier

«Sur le terrain, c'est lui la vedette, admet Pierre. A moi de comprendre lorsqu'il marque quelque part.» Son maître doit aussi le protéger lors des perquisitions, où le contexte, parfois agité, peut perturber l'animal. «Il a un physique de nounours, mais un très fort tempérament, salue son maître. Malgré les bruits de portes qui cassent, les invectives des interpellés, il est imperturbable. Il a aussi été choisi pour son mental, il reste concentré.»

Pour Gesko, «maintenant, c’est jouets à volonté !» DR
Pour Gesko, «maintenant, c’est jouets à volonté !» DR  

Pierre va désormais pouvoir lâcher la bride de Gesko à la maison. «Avant, je devais contrôler mon enthousiasme, même chez moi, ne pas tout lui autoriser, car il reste un chien de travail, poursuit le maître-chien. Maintenant, c'est jouets à volonté !»

Le fonctionnaire de la brigade canine essonnienne a déjà récupéré son futur chien de travail. «Il s'appelle Bento, c'est un jeune Malinois, très prometteur.» Qui a encore un long chemin à parcourir avant d'atteindre le niveau de Gesko.