Annulation de l’élection municipale à Ris-Orangis : il va falloir revoter !

L’élection de Stéphane Raffalli (PS) en mars 2020 avait été annulée mi-janvier par le tribunal administratif. Le maire a décidé de ne pas faire appel de cette décision. Un nouveau scrutin devra se tenir d’ici au 25 mai.

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 Le maire de Ris-Orangis avait été élu au premier tour des élections municipales, en mars 2020.
Le maire de Ris-Orangis avait été élu au premier tour des élections municipales, en mars 2020. LP/Arnaud Journois

Il y aura bien de nouvelles élections municipales à Ris-Orangis. Le maire (PS) Stéphane Raffalli a décidé de ne pas faire appel du jugement du tribunal administratif de Versailles (Yvelines), rendu le 25 janvier. Celui-ci annulait l'élection municipale de mars 2020 à la suite de plusieurs recours portés par deux listes d'opposition sans étiquette : celle de Christian Amar Henni (25,91 %), et celle conduite par Laurent Stillen (12,88 %).

Il était notamment reproché au maire d'avoir utilisé le bulletin municipal à des fins de propagande électorale. Au premier tour, il avait été réélu avec 50,06 % des voix, avec une avance confortable sur ses poursuivants. Mais le juge avait estimé qu'à l'égard du « très faible écart entre le nombre de voix recueillies par la liste conduite par M. Raffalli, et la majorité absolue des suffrages exprimés, ces différentes irrégularités ont été de nature à altérer les résultats du scrutin ».

La préfecture de l'Essonne doit désormais fixer une nouvelle date d'élection, d'ici le 25 mai 2021. Contactée, elle n'a pas répondu à nos sollicitations.

Pourquoi Stéphane Raffalli renonce-t-il à faire appel ?

Il aurait aimé « poursuivre le débat judiciaire devant le Conseil d'Etat », estimant la décision du tribunal administratif « injuste et insensée ». Mais le maire (PS), réélu au premier tour, préfère finalement remettre son mandat d'élu en jeu. « Le procès se serait tenu dans plus d'un an, ce qui aurait parasité la vie municipale, avec des gens qui s'attaquent à mon honnêteté et mon intégrité. » Il s'en remet donc au vote de ses administrés. « Je suis serein. Les Rissois sont reconnaissants envers notre travail », indique-t-il.

Laurent Stillen « estime que c'est une bonne chose » qu'un nouveau scrutin ait lieu rapidement, quand Christian Amar Henni considère qu'il aurait été « maladroit » de la part de Stéphane Raffalli de s'engager dans une longue procédure judiciaire.

Qui va gérer la commune jusqu'à la nouvelle élection ?

En cas d'annulation d'une élection municipale, c'est une délégation spéciale de trois personnes, nommée par le préfet, qui prend provisoirement les rênes de la ville. Selon le Code général des collectivités territoriales, ses pouvoirs « sont limités aux actes de pure administration conservatoire et urgente ».

« Elle ne peut ni préparer le budget communal […] ni modifier le personnel ou le régime de l'enseignement public », précise le texte. « C'est blessant, je vais devoir confier les clés de la ville à des gens qui n'ont pas été choisis par les Rissois, c'est dommageable pour la ville », se désole Stéphane Raffalli. Les fonctions de la délégation spéciale cessent lors de l'élection du nouveau conseil municipal.

Les candidats : on prend les mêmes et on recommence ?

Outre Stéphane Raffalli, qui sera évidemment candidat, une autre tête de liste du premier tour de mars 2020 a décidé de se représenter. Il s'agit de Christian Amar Henni, qui avait pourtant démissionné de son poste de conseiller municipal d'opposition. « Mais je n'ai jamais cessé d'accompagner les jeunes de ma liste, se défend-il. Mon équipe souhaite que je sois le candidat. »

Pour gagner, il sait qu'il devra nouer des alliances. « Sans unité, on ne le battra pas (Stéphane Raffalli, NDLR). » Il lance une perche « à son ami de trente ans », Daniel Rouiller, qui avait terminé quatrième le 15 mars 2020 avec 11,14 % des voix avec sa liste Cap à gauche. « Je suis un homme de gauche. On verra si on peut s'allier dès le premier tour. »

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Daniel Rouiller, qui n'a encore rien décidé, a lui aussi démissionné de son poste de conseiller municipal. Mais il fixe déjà ses conditions en cas de rapprochement. Il ne veut pas s'allier avec les membres de la droite républicaine présents sur la première liste de Christian Amar Henni. « Mais on peut discuter avec tous les autres, nous avons des points communs », tempère-t-il.

Quant aux jumeaux Stillen, Laurent et Claude, ils « aimeraient bien repartir, il faut qu'on en discute avec l'équipe », annoncent-ils à l'unisson. Reste les difficultés « à constituer une liste en si peu de temps, et à trouver de l'argent pour faire campagne ».

Quels seront les thèmes de campagne ?

Le maire sortant compte bien défendre son bilan de la gestion de la crise sanitaire. « L'atelier municipal de fabrication de masques, les vacances apprenantes pour 760 gamins, le centre de vaccination qui sera opérationnel dès mercredi, même si nous n'avons pas les doses pour le moment. En cette période, il faut une action politique forte. »

Christian Amar Henni va appuyer sur la décision judiciaire rendue par le tribunal administratif. « J'espère que cela fera réfléchir les gens différemment », glisse celui qui se représentera une cinquième fois comme tête de liste. Il attaquera aussi le maire sur le volet sécurité avec « les bagarres entre bandes ».

Sécurité et écologie seront les deux axes forts des frères Stillen, qui pensent surtout avoir une carte à jouer car ils sont « les seuls à droite », indique Laurent, ancien candidat frontiste aux départementales de 2015. « Six cents voix au premier tour en mars, c'est faible, reconnaît Claude. Mais l'électorat de droite, RN (Rassemblement national), et LR (Les Républicains), sont moins allés voter à cause du Covid. »