À Yerres, une allée de la forêt domaniale fermée à cause de la sécheresse

Des arbres, fragilisés par le manque d’eau, meurent prématurément. L’accès ne rouvrira qu’une fois des solutions trouvées.

 Yerres, le 22 septembre 2020. L’allée verte de la forêt domaniale de la Grange est fermée temporairement pour raison de sécurité. Des arbres souffrent de la sécheresse et menacent de tomber.
Yerres, le 22 septembre 2020. L’allée verte de la forêt domaniale de la Grange est fermée temporairement pour raison de sécurité. Des arbres souffrent de la sécheresse et menacent de tomber. LP/Cécile Chevallier.

Les arbres ont plus que soif et subissent de plein fouet le réchauffement climatique. À Yerres, l'allée verte de la forêt domaniale de la Grange est fermée depuis lundi 21 septembre au public. Une décision prise par la municipalité et l'ONF (Office national des forêts) pour des questions de sécurité. La raison? La sécheresse.

« Les effets du changement climatique apparaissent dans les forêts françaises, indique l'ONF. La répétition des sécheresses estivales fragilise la forêt de la Grange. Elle n'épargne pas les châtaigniers sur cette allée. Affaiblis par les températures élevées puis le manque d'eau, plusieurs arbres ont séché sur place et meurent prématurément. »

Un danger pour les promeneurs

Avec des conséquences pour la sécurité du public. « Des arbres et des branches menacent de tomber, complète Olivier Clodong, maire (DVD) de Yerres. En accord avec l'ONF, nous avons décidé de fermer temporairement l'accès à l'allée verte, pour éviter tout accident. Un audit va être mené pour enlever les arbres les plus malades. Nous rouvrirons au public dès que des solutions auront été trouvées pour traiter ces arbres, tout en préservant cette allée et le peuplement forestier. »

La forêt domaniale n'est pas épargnée. Il y a une dizaine de jours, un incendie a ravagé 4 hectares de végétation. Deux jours auparavant, des élus de Yerres, Limeil-Brévannes et Villecresnes (deux communes du Val-de-Marne, le bois de 376 hectares s'étale sur les deux départements) se sont mobilisés contre des coupes de l'ONF qu'ils jugent trop zélées.

L'ONF parle plutôt d'interventions sylvicoles nécessaires pour lutter contre des maladies de certains arbres et pour une « gestion durable » de la forêt de la Grange. La polémique est de toute façon mise de côté avec l'urgence des effets de la sécheresse.

« Un chêne boit 900 litres d'eau par jour »

Le bois de la Grange n'est pas le seul à souffrir du manque d'eau. « Depuis 2019, 220 000 hectares (soit environ 20 fois la superficie de Paris) de forêts publiques en France subissent des dépérissements importants et un taux de mortalité inédit, déplore l'ONF. Épicéas, sapins pectinés, hêtres, châtaigniers sont en état de stress hydrique. Autrement dit, ils souffrent d'une pénurie d'eau. Les années 2018, 2019 et 2020 sont marquées par une sécheresse exceptionnelle et particulièrement longue. Cette sécheresse critique a été aggravée par des températures anormalement élevées. »

Un forestier de l'Essonne le constate dans l'est du département. « Un chêne boit 900 litres d'eau par jour et en transpire autant, explique-t-il. Dans certaines forêts, comme celle de Sénart, certaines zones présentent des sols argileux. Les arbres n'ont donc pas de racines assez profondes pour puiser l'eau après cette couche. Certains montrent déjà des signes de souffrance, et il faut s'attendre à découvrir des conséquences de cette sécheresse au printemps prochain. Autre effet collatéral du manque d'eau : les champignons. Cela fait 2-3 ans qu'ils se font plus que rares. »