À Vigneux, le lac Montalbot dévoile ses secrets avant d’être réhabilité

Une visite de cet espace naturel sensible a été proposée ce dimanche. Actuellement fermé au public, il va être remis en valeur pour devenir un site préservé pour la biodiversité.

 Vigneux, le 20 septembre 2020. Plus d’une trentaine de personnes ont profité d’une visite du lac Montalbot avec des guides des ENS. Le site va être réhabilité.
Vigneux, le 20 septembre 2020. Plus d’une trentaine de personnes ont profité d’une visite du lac Montalbot avec des guides des ENS. Le site va être réhabilité. LP/Cécile Chevallier.

Les hérons, cormorans et martins-pêcheurs auront bientôt leur sanctuaire. D'ici quelques mois, le lac Montalbot de Vigneux-sur-Seine gagnera ses galons d'îlot de biodiversité. Cette ancienne sablière va être réhabilitée dans le cadre d'une convention de nature en ville conduite par la commune, le département de l'Essonne, l'agglomération Val d'Yerres-Val de Seine mais aussi les syndicats de gestion des eaux. En attendant, une trentaine de curieux ont profité d'une visite organisée ce dimanche dans le cadre des journées européennes du patrimoine.

Avant de laisser la parole aux deux guides Matthieu et Alexandre, François Durovray, président (LR) du conseil départemental et président de l'agglomération, contextualise : « Vous allez découvrir une richesse que vous n'imaginez pas. Après avoir connu une histoire récente compliquée à cause de pollution et d'occupations illégales, le site est fermé au public depuis deux ans. Il est sous la protection des collectivités, qui s'engagent à le réaménager pour maintenir la biodiversité avec un chantier à hauteur de 600 000 euros et qui devrait démarrer d'ici 2022. »

277 essences de plantes, une centaine d'animaux

La visite menée par deux guides du conservatoire des Espaces naturels sensibles (ENS) de l'Essonne et par un membre de la société historique Draveil-Vigneux n'a pas permis de faire le tour des 45 hectares du lac Montalbot. Mais en trois heures de balade, les participants ont pu appréhender cette « richesse » : « Des fonds ont été débloqués par les collectivités pour mener un inventaire, indiquent Matthieu et Alexandre, les guides nature. Mais nous savons déjà que 277 essences de plantes y sont recensées, dont une dizaine patrimoniale, et plus d'une centaine d'animaux… »

Des oies bernaches, des grands cormorans, des échassiers, des lézards des murailles, des sureaux, de l'armoise, des robiniers faux acacias, de la mauve… Le site est déjà un refuge pour beaucoup d'espèces. Si certains passages sont déjà déblayés avec des sentiers bien démarqués, certaines zones restent à défricher et il faut marcher sur les ronces, orties et autres herbes folles. En regardant sur les côtés, on trouve encore des traces des occupations illégales avec quelques déchets empêtrés dans la végétation.

Vigneux, le 20 septembre 2020. Certaines zones restent à débroussailler pour permettre au public de s’y promener paisiblement dans quelques années. LP/Cécile Chevallier.
Vigneux, le 20 septembre 2020. Certaines zones restent à débroussailler pour permettre au public de s’y promener paisiblement dans quelques années. LP/Cécile Chevallier.  

« Rendre cet endroit aux familles »

« Ce site a énormément souffert, rappelle Thomas Chazal, maire (LR) de Vigneux. Il a été occupé durant trois ans par des campements roms ce qui a occasionné des dégradations. Le lac a aussi subi des pollutions suite à une rupture de canalisation. Des travaux de nettoyage ont révélé la beauté de cet endroit qu'il faut à tout prix préserver. Après l'évacuation des campements sauvages, le lac et ses alentours ont été clôturés. »

L'élu précise : « L'idée est maintenant de rendre cet endroit aux familles mais pas pour en faire une autre base de loisirs (NDLR que celle de Draveil, le Port aux cerises, situé à 4 km). C'est le calme que nous voulons privilégier en installant des observatoires à oiseaux, des pontons sur le lac et autant d'aménagements légers et écologiques visant à rendre le site accessible sans l'abîmer. »

Le lac s'est formé sur d'anciennes sablières

Pour François Durovray, la réhabilitation a un objectif encore plus ambitieux. « La vallée de l'Yerres a été réaménagée, la vallée de la Seine va bientôt l'être grâce à des Assises entre le Val-de-Marne, la Seine-et-Marne et l'Essonne dans le cadre de la lutte contre les inondations mais aussi pour le tourisme, détaille le président de l'Essonne. Le lac Montalbot fait le lien entre ces deux vallées, et doit s'inscrire dans un parcours de tourisme nature. »

Il revêt aussi un aspect historique. « Ce lac rappelle que de 1947-1948 à 1960, des sablières ont été exploitées à Vigneux, raconte Christian Wanecque, le président de l'association locale, à grand renfort de photos d'époque. Quand l'activité d'extraction de sable a cessé, l'eau est arrivée de la Seine pas très loin et le lac Montalbot s'est formé. Avant, on l'appelait la fosse Montalbot. Mais le précédent maire a changé le nom en parlant de lac, estimant que le mot fosse n'avait pas une connotation très positive. »

Vigneux, le 20 septembre 2020. Christian Wanecque a évoqué les aspects historiques du site, ancienne carrière d’extraction de sable. LP/Cécile Chevallier.
Vigneux, le 20 septembre 2020. Christian Wanecque a évoqué les aspects historiques du site, ancienne carrière d’extraction de sable. LP/Cécile Chevallier.  

Martine, venue en voisine, est aux anges. « J'habite Vigneux, mais je ne connaissais pas bien le lac Montalbot, témoigne la jeune retraitée adepte de randonnées. Je n'étais jamais allée plus loin que l'école de voile. J'adore les visites où on en apprend sur la faune, la flore et l'histoire. Cela permet aussi de se souvenir qu'à une époque, il y avait de l'activité industrielle à Vigneux avec les carrières. Je suis ravie de savoir que ce site va être aménagé pour qu'on s'y promène. On n'a pas tant de lieux que ça avec autant de nature. »