À Palaiseau, les habitants deviennent acteurs de la végétalisation

La municipalité veut s’appuyer sur des « citoyens jardiniers » tandis que l’association La Conviviale espère aller plus loin avec un « permis de végétaliser ».

 Palaiseau, le 19 septembre 2020. L’association La Conviviale a organisé un événement pour végétaliser la ville avec une œuvre éphémère au pied d’un arbre. La municipalité veut aussi développer une végétalisation participative avec des citoyens jardiniers.
Palaiseau, le 19 septembre 2020. L’association La Conviviale a organisé un événement pour végétaliser la ville avec une œuvre éphémère au pied d’un arbre. La municipalité veut aussi développer une végétalisation participative avec des citoyens jardiniers. LP/Cécile Chevallier.

Palaiseau veut encore plus de vert. Ce lundi soir, les élus doivent se prononcer en conseil municipal sur la phase expérimentale de la « végétalisation de l'espace urbain ». La majorité espère inciter les « habitants à se réapproprier l'espace public en participant à sa végétalisation à proximité de chez eux ». De quoi trouver un écho chez les membres de La Conviviale, un collectif citoyen et écologique dont des membres sont devenus conseillers municipaux minoritaires. L'association a organisé samedi un événement « pour une ville fruitée ».

« Favoriser la nature et la biodiversité en ville, participer à l'embellissement de la ville ou créer du lien social », ce sont les objectifs visés par la municipalité. « Nous espérons pouvoir nous appuyer sur des citoyens jardiniers, qui participeront à la végétalisation de leur pas-de-porte, de leur rue, bref à proximité très immédiate, détaille Grégoire de Lasteyrie, maire (LR). Comme pour le passage en zone 30 km/h, nous menons d'abord une expérimentation de plusieurs mois, pour voir ce qui fonctionne et ce qui doit être corrigé. »

Avant de se lancer, il a beaucoup échangé avec ses homologues d'Angers et d'Orléans, qui ont développé cette végétalisation citoyenne. « Nous allons créer un comité composé d'acteurs locaux et des services municipaux, indique Grégoire de Lasteyrie. La commission étudiera les projets et initiatives individuelles. Une fois les dossiers retenus, les citoyens jardiniers seront accompagnés par nos agents des espaces verts pour les conseiller et leur fournir tout le matériel. »

Cette expérimentation devrait satisfaire, en partie, les membres de la Conviviale. Samedi justement, ils ont reçu plus de 150 personnes pendant leur événement autour de ce thème de la végétalisation participative. Les interventions de la Haie magique (une association qui « remet du vert dans la ville » à Massy, Igny…) et d'Émilie Bourgouin, cofondatrice de Liane de rue, une association qui œuvre dans le XXe arrondissement de Paris, ont été particulièrement suivies.

Palaiseau, le 19 septembre 2020. L’association La Conviviale demande la mise en place d’un permis de végétaliser dans Palaiseau. LP/Cécile Chevallier.
Palaiseau, le 19 septembre 2020. L’association La Conviviale demande la mise en place d’un permis de végétaliser dans Palaiseau. LP/Cécile Chevallier.  

Cette dernière a pu raconter tout ce qui a été fait dans son quartier « très minéral ». « Quand je suis arrivée ici, je me suis dit que c'était déjà très vert comparé au XXe arrondissement, sourit Émilie Bourgouin. Vous pourrez donc tenter d'autres choses encore. »

« Ville fruitée »

La Conviviale y compte bien. L'association revendique un « permis de végétaliser à Palaiseau », comme il existe à Paris depuis 2015. « Il s'agit pour une ville en charge de l'entretien de la voirie et des espaces verts de permettre aux habitants de jardiner sur l'espace public en incitant, aidant et encadrant ces pratiques », détaillent Laure Bourrellis et Benjamin Preciado, du collectif et conseillers municipaux minoritaires. Sur le sujet, Grégoire de Lasteyrie répond qu'il ne « s'interdit rien », attendant juste le retour de l'expérimentation.

Plus qu'une ville fleurie, la Conviviale préfère le label (qui n'existe pas) « ville fruitée ». « Nous aimerions que le permis de végétaliser soit mis en place pour planter notamment des arbres fruitiers, précise Laure Bourrellis. Aller vers une végétalisation pas seulement décorative, mais aussi mellifère pour les insectes butineurs, nutritive, aidant à lutter contre le réchauffement climatique, les inondations… »

Se voulant « constructifs et utiles », la Conviviale devrait approuver l'expérimentation proposée par la majorité. « Nous nous réjouissons de les pousser à agir, sourit Laure Bourrellis, persuadée que leur événement de samedi, préparé depuis des mois, a incité la municipalité à s'emparer du sujet. Mais nous serons vigilants à ce que ne soient pas retenus seulement les projets « jolis » et que les habitants aient vraiment la possibilité de proposer des choses, que tout ne vienne pas d'en haut. »