Réchauffement climatique : le SOS du Pôle Nord

Les scientifiques du Polarstern sont rentrés au port ce lundi après 389 jours d’expédition polaire. Les nouvelles ne sont pas bonnes sur l’état de la banquise.

 Brême (Allemagne), lundi. Le « Polarstern » s’est laissé dériver avec les glaces.
Brême (Allemagne), lundi. Le « Polarstern » s’est laissé dériver avec les glaces. AFP/Patrik Stollarz

La plus grande expédition jamais menée au pôle Nord a regagné l'Allemagne ce lundi après avoir constaté l'ampleur du réchauffement climatique en Arctique. « Nous avons repoussé les limites de ce que nous pouvons faire en matière de recherche dans l'Arctique… L'expédition marque une étape historique dans la recherche au pôle Nord », s'est félicité le chef de l'expédition Markus Rex par ailleurs climatologue et physicien. Au total plusieurs centaines d'experts et scientifiques de 20 pays différents ont séjourné en se relayant sur le navire qui s'est laissé glisser avec les glaces selon la « dérive polaire », ce courant océanique qui s'écoule d'est en ouest dans l'océan Arctique.

Une banquise menacée de « disparaître » l'été

Malheureusement, les nouvelles ne sont pas bonnes. A l'issue de 389 jours à bord du brise-glace Polarstern de l'institut allemand Alfred-Wegener, l'équipage insiste sur menace qui plane sur une banquise menacée de « disparaître » l'été. « Si le changement climatique se poursuit comme cela, alors dans quelques décennies, nous aurons un Arctique libéré des glaces durant l'été », martèle Markus Rex. Il décrit aussi « des surfaces d'eau liquide à perte de vue, jusqu'à la ligne d'horizon ». Un diagnostic confirmé par des observations satellites aux Etats-Unis qui ont révélé que la banquise d'été avait fondu jusqu'à la deuxième superficie la plus petite jamais enregistrée, après 2012.

Les experts ont récolté une quantité impressionnante (plus de 150 térabites) de données ainsi que de nombreux échantillons de glace et d'eau. L'analyse complète jusqu'à leur diffusion dans des publications scientifiques devrait prendre un ou deux ans. L'objectif est de mettre au point des modèles de prédiction du climat pour déterminer à quoi ressembleront les vagues de canicule, les pluies diluviennes ou les tempêtes dans 20, 50 ou 100 ans.