Pour être sauvé, le Marais Poitevin doit être reboisé

15 000 arbres d’essences diverses vont être plantés dans le Marais Poitevin grâce à la Fondation du patrimoine. Une nécessité pour contrer l’avancée de la chalarose, un champignon asiatique.

 Le Mazeau (Vendée). Le Marais Poitevin comptabilise 400 000 frênes.
Le Mazeau (Vendée). Le Marais Poitevin comptabilise 400 000 frênes. LP/Olivier Corsan

« Si nous ne faisons rien, l'image traditionnelle du marais mouillé, cette cathédrale de verdure, va disparaître », résume François Bon, vice-président du Parc naturel régional (PNR). Le Marais Poitevin, deuxième zone humide de France dont l'actuel visage a été façonné voilà 150 ans, a entamé sa mue pour résister à la chalarose, un champignon asiatique. Apparu en 2016, ce parasite détruit depuis inexorablement les frênes utilisés autrefois comme bois de chauffage et qui composent encore 98 % de la trame arborée.

« Le frêne restera présent mais deviendra minoritaire. Nous avons sélectionné six essences plus diverses pour éviter tout appauvrissement du marais, comme le chêne pédonculé, le peuplier noir ou l'orme champêtre », détaille Jordane Ancelin, paysagiste au sein du PNR. Pour accélérer cette transition, la Fondation du patrimoine vient d'accorder une enveloppe de 200 000 euros au Marais Poitevin. Assez pour doubler le nombre de plantations, soit 15 000 arbres d'ici 3 ans. « Nous avons désormais l'argent, des personnels pour planter ces essences, notamment dans le cadre de chantiers de réinsertion. Encore faut-il convaincre les habitants », explique François Bon.

Car le défi est immense. La seule « Venise verte » comptabilise 400 000 frênes, 35 000 parcelles différentes et 9000 propriétaires « à mobiliser ». « Nous fournissons les arbres, les plantons sans couper d'autres arbres – même malades – et assurons l'entretien la première année, abonde Jordane Ancelin. L'important est d'aller vite pour ne pas subir ces bouleversements et pour recomposer un paysage aussi qualitatif qu'aujourd'hui ».