Oiseaux migrateurs et grippe aviaire : l’hécatombe au Mont-Saint-Michel semble finie

Des dizaines d’oiseaux morts et d’autres à l’agonie ont été retrouvés le long de la Baie la semaine dernière. Les analyses ont conclu à la présence d’un agent très pathogène de la grippe aviaire.

 Les bécasseaux maubèches ont été infectés à leur arrivée en France.
Les bécasseaux maubèches ont été infectés à leur arrivée en France. Photoshot/Alan Williams

« En vingt-cinq ans d'observation d'oiseaux, je n'ai jamais vu une telle hécatombe! » Sébastien Provost est guide ornithologue naturaliste dans la Baie du Mont-Saint-Michel (Manche). Il connaît donc particulièrement bien ce site majeur de migration des oiseaux. Et jamais donc il n'avait été confronté, comme ces derniers jours, à « autant de cadavres d'oiseaux et d'autres malades qui ne sont sans doute que la partie émergée du phénomène »…

C'est la raison pour laquelle il a très rapidement alerté l'Office Français de la Biodiversité. En quelques jours, le verdict est tombé : les oiseaux morts ont tous révélé une contamination au virus H5N8, autrement dit à une forme très pathogène de la grippe aviaire.

Les bécasseaux maubèches ont été les plus touchés

Il se trouve que les oiseaux sont dans leur écrasante majorité issus de la même espèce : les bécasseaux maubèches, un oiseau limicole d'une vingtaine de centimètres. « La population qui hiberne ici chaque année vient majoritairement d'Amérique du Nord. On estime que 1 % de la population mondiale de cette espèce transite par la Baie du Mont-Saint-Michel. C'est donc considérable », explique le naturaliste.

Reste à savoir comment peuvent évoluer les contaminations. « C'est très difficile à dire. Depuis quelques jours, nous n'avons pas retrouvé de nouveaux cadavres. Mais ce peut être dépendant aussi de facteurs liés à la météo ou aux marées. Il faudra attendre un peu pour s'assurer que l'hécatombe est derrière nous. Mais c'est quand même terrible de penser que ces oiseaux ont parcouru des milliers de kilomètres pour venir mourir ici infectés par un virus très probablement lié aux élevages », conclut Sébastien Provost.

Reste évidemment un rappel de bon sens, que lancent ensemble les spécialistes et la préfecture : « Si vous apercevez un oiseau mort ou malade, surtout ne vous approchez pas. Ne le touchez pas. Et maintenez vos chiens attachés en laisse. »