Morbihan : bientôt plus aucun pesticide dans le champ voisin de chez Cloé, atteinte de leucémie

Grâce à l’intervention d’associations, la mairie de Saint-Nolff (Morbihan) s’est engagée à ce qu’une petite fille souffrant de leucémie ne soit plus en contact avec les pesticides épandus dans le champ à côté de sa maison.

 Cloé (ici au centre avec son père et son frère) est encore en traitement. Ses parents espèrent qu’elle reprendra le chemin de l’école en février prochain.
Cloé (ici au centre avec son père et son frère) est encore en traitement. Ses parents espèrent qu’elle reprendra le chemin de l’école en février prochain. DR

C'est une victoire pour les opposants aux pesticides mais, surtout, un soulagement pour les parents de Cloé, 11 ans. Leur petite fille, qui souffre de leucémie lymphoblastique, la privant de défenses immunitaires, ne sera plus exposée aux pesticides épandus jusqu'alors par un agriculteur dans le champ au-dessus de chez eux.

La mairie de Saint-Nolff, dans le Morbihan, s'y est engagée après plusieurs mois de négociations menées notamment par le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l'Ouest et Saint-Nolff 21 (SN21). « Nous n'accusons pas l'agriculteur d'avoir rendu notre fille malade mais nous voulons éviter de provoquer une récidive », explique son père, Stéphane.

Toute la parcelle passera en bio

Après avoir tenté sans succès de dialoguer avec l'agriculteur, la famille avait fait appel aux associations et à la municipalité. Ils avaient obtenu au printemps dernier qu'une bande de 70 mètres à côté du domicile ne soit plus traitée en échange d'une indemnisation de l'agriculteur.

Insuffisant pour la famille qui, durant le confinement, voyait les épandages se multiplier. La mairie va donc faire en sorte que toute la parcelle soit convertie à l'agriculture biologique dans les mois à venir en facilitant un échange de terres entre agriculteurs.

« Entre la vie d'une enfant et quelques hectares, le choix était vite fait », estime Michel Besnard du Comité de soutien aux victimes des pesticides de l'Ouest. « Cloé réagit bien à la chimiothérapie mais nous devons faire attention à tous les virus jusqu'à la fin de l'année », ajoute Stéphane qui espère que sa fille pourra reprendre l'école au mois de février.