Météo et climat : pourquoi on ne peut plus parler de «normales de saison»

Ces données utilisées par tous les organismes météo font l’objet d’une vaste mise à jour. L’objectif est de les rendre plus comparables au climat actuel.

 Depuis les années 1970, la France observe un net glissement de son climat vers le sud.
Depuis les années 1970, la France observe un net glissement de son climat vers le sud. LP/Olivier Lejeune

« En dessous des normales de saisons », « pile-poil dans les normales », mais surtout de plus en plus souvent « au-dessus »! Pro de la météo et adeptes des conversations consensuelles manient presque sans y penser les « normales de saison ». Eh bien, ces classiques des discussions de voisinage font en ce moment l'objet d'un vaste toilettage.

Ces « normales », dont les règles de calcul sont décidées au niveau mondial, concernent des variables aussi variées que la température moyenne, le taux de précipitation ou le nombre de journées de gel… Ces moyennes, qui permettent d'avoir des éléments de comparaison, sont calibrées sur trente ans.

Ainsi, celles qu'on utilise en ce moment concernent en fait la période 1981-2010 et sont donc « représentatives du climat moyen sur une période autour des années 1990 », explique Météo France. Depuis, le réchauffement climatique ne cesse de s'accélérer et les références ne correspondent donc plus à la réalité de 2021.

Météo et climat : pourquoi on ne peut plus parler de «normales de saison»

Rien d'exceptionnel, à chaque nouvelle décennie, les services météos du monde entier réactualisent ces « normales ». Cette année, Météo France et ses homologues mènent donc tout au long de l'année « une opération de mise à jour » sur la période 1991-2020. Les valeurs seront « représentatives d'un climat centré sur les années autour de 2005 et présenteront encore un léger biais par rapport à la période actuelle », prévient Météo France.

Météo et climat : pourquoi on ne peut plus parler de «normales de saison»

Paris a le climat de Bordeaux des années 1970

L'ensemble des nouvelles références doit être publié début 2022. Mais durant toute l'année, on peut s'attendre à un flou dans nos discussions de bout de trottoirs. Les prévisionnistes, eux, ont prévu de favoriser les records ou de toujours bien indiquer la période de calcul.

Quoi qu'il en soit, en termes de moyenne, la « nouvelle normale », calculée sur la période 1991-2020 est plus chaude de + 0,41 °C par rapport à 1981-2010. Depuis 1900, la France s'est réchauffée de + 1,7 °C, et depuis 1970, « chaque décennie est plus chaude que la précédente », note Météo France.

Si l'on compare le climat des années 1970 à celui d'aujourd'hui en termes de température, on observe un net glissement du climat vers le sud en 30 ans. Nice affiche désormais le thermomètre de Bastia des années « pattes d'éléphant », Paris celui de Bordeaux à l'époque, Strasbourg connaît le climat de Lyon, Lyon enregistrant les températures de Montélimar.