Lot : la justice impose des travaux sur un moulin pour laisser circuler les poissons

À Gagnac-sur-Cère, un moulin transformé en centrale hydroélectrique devra faire des travaux pour permettre leur migration.

 Saumons atlantiques, truites de mer, lamproies marines et autres anguilles d’Europe vont enfin pouvoir remonter la Cère. (Illustration)
Saumons atlantiques, truites de mer, lamproies marines et autres anguilles d’Europe vont enfin pouvoir remonter la Cère. (Illustration) Cock-Robin/Pixabay

À l'instar de Don Quichotte, des associations écologiques se sont battues contre un moulin. À Gagnac-sur-Cère, dans le Lot, il s'agit plus précisément d'une centrale hydroélectrique aménagée dans un ancien moulin. Pour France Nature Environnement (FNE) et le Groupement associatif de défense de l'environnement du Lot (Gadel), cet ouvrage empêche plusieurs espèces migratrices de parcourir le cours d'eau.

Saumons atlantiques, truites de mer, lamproies marines et autres anguilles d'Europe vont-elles enfin pouvoir remonter la Cère ? C'est en tout cas le sens du jugement de la Cour de cassation. Après huit ans de procédure, elle a confirmé le 8 septembre dernier la décision de la cour d'appel d'Aix-en-Provence condamnant Jean-Philippe Besse, propriétaire de la centrale, à 5500 euros d'amende et à la réalisation d'une passe à poisson. « Nous sommes satisfaits, car il s'agit d'une bonne décision pour tous les ouvrages qui créent une rupture de continuité écologique », se félicite Hervé Hourcade, juriste à FNE Midi-Pyrénées.

Jean-François Remy, l'avocat du propriétaire, est lui très mécontent. « Les moulins transformés sont normalement dispensés de ce genre de travaux », assure-t-il, alors que cette question fait débat au sein du Conseil d'État. Surtout, il met en parallèle les 200 000 euros de travaux nécessaires et les 6000 euros annuels rapportés par la centrale. « FNE répond qu'il y a des subventions, mais c'est une utilisation contestable de l'argent public alors que l'on pouvait aménager la passe à poissons existante. » Mais à l'heure actuelle, les poissons ne sont pas encore tranquilles, puisque FNE a saisi le préfet du Lot pour suspendre le fonctionnement de l'ouvrage.