Londres : Blue Sandford, la Greta Thunberg anglaise, s’enterre pour freiner un projet de TGV

La jeune fille proteste depuis un tunnel clandestin contre la construction d’une ligne TGV desservant le centre et le nord de l’Angleterre. Un projet dévastateur pour l’environnement, selon les écologistes britanniques.

 L’activiste britannique Blue Sandford dans un tunnel construit sous Euston Square Gardens, près de la gare d’Euston, à Londres, le 4 février 2021.
L’activiste britannique Blue Sandford dans un tunnel construit sous Euston Square Gardens, près de la gare d’Euston, à Londres, le 4 février 2021. Millie BOARDMAN/HS2 REBELLION/AFP

Son engagement pourrait rappeler celui d'une certaine Greta Thunberg. Enfouie dans un tunnel clandestin creusé près d'une des rues les plus passantes de Londres, Blue Sandford, 18 ans, se dit prête à tout pour faire dérailler la construction d'une ligne à grande vitesse desservant le centre et le nord de l'Angleterre.

Surnommée la Greta Thunberg britannique, la jeune fille est devenue une figure de proue du mouvement de protestation contre le projet HS2, un chantier colossal contesté à la fois pour son coût faramineux, ses retards à répétition et son coût potentiel pour l'environnement.

Tandis que les autorités tentent depuis plusieurs jours de déloger une dizaine de protestataires du tunnel creusé sous Euston Square Gardens, Blue jure de rendre leur tâche la plus difficile possible. « Je suis très fatiguée. Je suis prête à partir s'il le faut mais je suis là pour le long terme », assure-t-elle à l'AFP.

Selon elle, les militants ont suffisamment de provisions pour tenir encore plusieurs semaines dans l'ouvrage de 30 m de long, situé un peu moins d'un mètre sous terre.

L'un des protestataires du groupe HS2 Rebellion est Daniel Hooper, surnommé « Swampy » (« Marécageux ») par la presse britannique, qui avait déjà passé une semaine dans un tunnel en 1996 afin de tenter de stopper la construction d'une route dans le sud-ouest de l'Angleterre. Cette fois, il est accompagné de son fils adolescent.

En février 2020, le Premier ministre britannique Boris Johnson avait validé le projet High Speed Two (HS2) malgré un coût astronomique qui pourrait dépasser les 100 milliards de livres (environ 112,5 milliards d'euros). Le projet s'était heurté à l'opposition d'une partie de la classe politique, certains réclamant plutôt des investissements pour moderniser les lignes régionales existantes.

Des forêts menacées de destruction

Il s'agira de la deuxième ligne à grande vitesse du Royaume-Uni après HS1, utilisée par l'Eurostar reliant Londres à la France, la Belgique et les Pays-Bas. Pour les opposants à HS2, le chantier, dont le coup d'envoi a été donné l'an dernier, détruira un ancien bois et compromet les efforts du pays pour atteindre ses objectifs climatiques.

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HS2 est « un projet vaniteux qui va détruire d'innombrables forêts et tuer des gens à travers le climat », estime Blue Sandford. Le tunnel est « vraiment très extrême, mais on est dans une situation extrême », justifie-t-elle.

En octobre, pour marquer leur opposition au projet, des militants écologistes avaient grimpé au sommet d'arbres dans le Buckinghamshire (centre de l'Angleterre), dans une forêt réputée pour avoir inspiré l'univers fantastique des livres de Roald Dahl.

Une « grève scolaire » pour défendre la planète

La jeune fille, originaire du nord de Londres, est comparée à Greta Thunberg depuis qu'elle a observé « une grève scolaire » pour se consacrer au mouvement écologiste Extinction Rebellion il y a plus d'un an. Une comparaison qu'elle trouve « assez flatteuse » parce que Greta Thunberg est « cool et inspirante ».

Selon les médias britanniques, le père de Blue, qui fréquentait une école privée de Londres, est également un militant écologiste, qui vit de manière reculée sur une île d'Ecosse.