Loi Climat : une manifestation devant l’Elysée contre un texte «pas à la hauteur des enjeux»

Une poignée de citoyens, d’élus et de militants associatifs ont manifesté ce mercredi à proximité de l’Elysée à Paris. Pour eux, le projet de loi issu de la Convention citoyenne manque d’ambition.

 L’ex-ministre, Cécile Duflot,  le réalisateur Cyril Dion (au centre) ou encore le député Mathieu Orphelin ont manifesté près de l'Elysée ce mercredi.
L’ex-ministre, Cécile Duflot, le réalisateur Cyril Dion (au centre) ou encore le député Mathieu Orphelin ont manifesté près de l'Elysée ce mercredi. LP/Emilie Torgemen

Un cordon de policiers et une amende. Le réalisateur et garant de la Convention citoyenne pour le Climat, Cyril Dion, l'ancienne ministre, Cécile Duflot désormais à la tête d'Oxfam, le député (ex-LREM) Matthieu Orphelin, une députée européenne, entre autres, ont tous été verbalisés ce mercredi à Paris pour « manifestation non autorisée ». Dans le froid piquant, cette vingtaine de personnalités essayaient de poser devant l'Elysée avec leur pancarte « SOS loi en détresse », alors que le projet de loi issu des propositions de la Convention citoyenne était présenté au gouvernement dans le palais présidentiel.

Au sortir du Conseil des ministres, Barbara Pompili défendait l'ambition de la loi rebaptisée « Climat et résilience » : « Il ne s'agit pas seulement de changer les moteurs de nos voitures ou les machines de nos usines. Il s'agit de changer de culture, de civilisation, de mode de vie », insistait la ministre de la Transition écologique. Les manifestants dénonçaient, eux, le texte qui leur apparaît comme une « dilution », voire une « trahison », par rapport aux propositions formulées par les 150 tirés au sort de la Convention citoyenne.

« Tout le monde est d'accord, cette loi n'est pas à la hauteur des enjeux, jusqu'au Conseil national de la transition écologique, ou le Conseil économique social et environnemental qui ne sont pas des militants échevelés! insiste Cyril Dion, masque noir anti-Covid sur le visage. Elle ne permet absolument pas de respecter les Accords de Paris, et on n'a pas des années à perdre! » C'est pourtant ce militant qui, avec l'aide de Marion Cotillard, avait convaincu Emmanuel Macron d'adopter le principe du tirage au sort de 150 citoyens, un exercice démocratique inédit pour faire des propositions à même de réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

Rendre obligatoire la rénovation énergétique

Mercredi matin, Matthieu Orphelin, écharpe tricolore de député sur la poitrine, listait les points à réintégrer en priorité : « Avec seulement cinq mesures de plus, la loi pourrait être près de quatre fois plus efficace, évalue-t-il. Pour l'heure, le projet est sympathique mais très insuffisant, les mesures ayant le plus d'impact ont été sciemment écartées. Il faudrait en premier lieu rendre obligatoire la rénovation énergétique globale pour les logements, soit une économie de 15,9 millions de tonnes de CO2, contre 2 millions de tonnes avec le texte du gouvernement qui prévoit seulement l'interdiction des passoires thermiques d'ici 2028 ».

Agnès Catoire, l'une des citoyennes tirées au sort, était venue, bonnet vissé sur la tête et accompagnée de sa fille, pour redire que « c'est maintenant ou jamais qu'il faut agir et être à la hauteur! » « L'exercice démocratique de la Convention est réussi mais sa traduction en terme juridique est un échec! Ce projet de loi est en contradiction avec l'obligation juridique d'atteindre nos objectifs à horizon 2030 », estime de son côté Chloé Gerbier, de l'Affaire du siècle, appuyée devant sa pancarte. La semaine dernière, son association a fait condamner l'Etat pour carence devant le tribunal administratif de Paris.

Ces militants du climat espèrent désormais déplacer le champ de bataille sur le terrain parlementaire « Nous discutons désormais avec les députés et les sénateurs en visioconférence, ils ont l'air intéressés. J'espère qu'ils pourront rehausser l'ambition du texte », confiait Agnès Catoire.