Le télétravail, c’est bon pour la planète !

Alors que le gouvernement incite les salariés à pratiquer davantage le télétravail en cette période de Covid-19, les gains en termes d’émissions de CO2 ne sont pas négligeables pour les salariés à domicile.

 En pleine pandémie de Covid-19, le télétravail doit être privilégié. Bonus : moins de déplacements égalent moins de gaz à effet de serre.
En pleine pandémie de Covid-19, le télétravail doit être privilégié. Bonus : moins de déplacements égalent moins de gaz à effet de serre. LP/Arnaud Dumontier

Pour faire face à un regain de circulation du Covid-19 dans les principales zones d'alerte, le gouvernement a rappelé la semaine dernière que le télétravail doit y être « plus que jamais » privilégié. Une vraie révolution pour les Français qui sont à peine 17% à le pratiquer occasionnellement contre 25% dans les pays scandinaves. Mais si de plus en plus de salariés décidaient désormais de travailler depuis chez eux, l'impact ne serait pas négligeable en termes… écologique.

L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) a notamment calculé « l'effet direct modal » du travail à distance. C'est-à-dire les impacts environnementaux associés aux trajets réguliers entre le domicile et le lieu de travail. Il en ressort un « bénéfice » moyen de 271 kg (en équivalent de CO2) annuels par jour de télétravail hebdomadaire.

Des trajets quand même, mais moins longs

Si le nombre de déplacements pratiqués par les télétravailleurs ne baisse pas vraiment (car ils continuent à amener leurs enfants à l'école, à aller faire des courses ou de petits trajets près de chez eux), ils parcourent moins de distance. Et quand ils le font, ils utilisent moins souvent la voiture et plus volontiers la marche à pied ou le vélo. L'Ademe estime qu' un jour de télétravail se traduit par une réduction de 69% du volume des déplacements par rapport à un jour passé sur le lieu de travail.

En moyenne, quel que soit le motif, un déplacement réalisé par un salarié sur un jour travaillé au bureau est de 9 km, contre 5,5 km sur un jour télétravaillé. « Un développement du télétravail à l'avenir pour les personnes l'ayant expérimenté pendant le confinement permettrait une réduction au minimum de 3300 t de CO2 aux heures de pointe un jour de semaine », estime l'Ademe. « Sur une année de 250 jours ouvrés », l'Agence estime que la généralisation du télétravail se traduirait par une baisse de près de 817000 t de gaz carbonique.

Désengorger les transports

Un bon point donc pour la lutte contre le réchauffement climatique. Mais aussi pour faire « sauter » les bouchons et améliorer nos conditions de circulation dans les métros et RER. Car l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie estime que le télétravail permettrait de « réduire la fréquentation des transports en commun et des routes aux heures de pointe, limitant ainsi la congestion des voiries et l'inconfort dans les transports ».

D'ailleurs, l'Ademe a interrogé au printemps près de 4000 salariés pour leur demander ce qui les motiverait à l'avenir à rester travailler chez eux plutôt qu'à aller au bureau. 56,6% citaient en premier l'économie de temps de transport, 49,9% le fait de disposer d'horaires plus souples et 25% la possibilité de réduire leurs déplacements « pour des raisons écologiques ».