Le compost, ce n’est pas si compliqué

Pour ceux qui aimeraient réduire leur production de déchets, le compost est une bonne option. Avec nos conseils pratiques, il n’y a plus d’excuse pour ne pas s’y mettre.

 Pour ceux qui veulent recycler leurs épluchures, le lombricomposteur est le classique des logements citadins sans jardin.
Pour ceux qui veulent recycler leurs épluchures, le lombricomposteur est le classique des logements citadins sans jardin. VOISIN/PHANIE

Pelures de pomme, marc de café, fleurs fanées, les « biodéchets » représentent 30% du poids de nos poubelles. Pour l'instant, l'essentiel est enfoui ou incinéré. Pas franchement idéal quand on sait que ces détritus sont essentiellement composés d'eau. Collectes séparées organisées par les collectivités, composteurs de quartier ou personnel, il existe pourtant de plus en plus d'options mais on hésite parfois à franchir le pas.

Mais non, votre appartement n'est pas trop petit. Même en ville, on peut se mettre au compost. Le lombricomposteur est le classique des logements sans jardin : « Avec leurs trois bacs empilés, ils ne prennent pas plus de place qu'une poubelle normale », rassure Lucie Willemot. Cette maître composteuse pour l'association Jardin de traverse, à Roubaix (Hauts-de-France), enseigne les règles de la gestion des biodéchets aux Nordistes intéressés.

Si l'idée de nourrir des vers avec vos épluchures dans votre micro cuisine vous rebute, il existe désormais des bacs sans bestioles. « Les gens imaginent qu'il faut beaucoup de place parce qu'ils voient ce que pèsent leurs poubelles. Il faut en fait penser que tout se transforme. En trois mois, 10 kg d'ordures font 1,5 kg d'engrais », explique Malcolm Hammer, qui commercialise des solutions « compost urbain » spécialement pour les petits espaces.

Sinon, les zones partagées de compostage peuvent être une bonne option. Il suffit alors de stocker ses déchets verts dans un seau qu'on vide au fur et à mesure. « On peut souvent localiser ces composteurs de quartiers et vérifier les horaires d'ouverture sur Internet », précise Lucie Willemot. Roubaix a installé des « biobox », des boîtes où déverser ces déchets 24h/24.

Mais non, ce n'est pas une corvée. L'idée d'avoir à surveiller la décomposition de votre compost vous fatigue d'avance ? « C'est en fait très simple, assure Lucie Willemot. Moitié déchets humides, moitié matière brune (paille, carton…), on grattouille quelques minutes par jour et le tour est joué. » Il ne faut pas laisser la couche supérieure humide pour éviter d'être envahi par les insectes.

Petit rappel pour les composteurs de jardin, pas besoin d'« importer des vers », mais il faut que les déchets soient en contact avec la terre et surtout pas posés sur une dalle de béton. Et dans tous les cas, les spécialistes du compost déconseillent de mettre de la viande, car elle peut attirer les carnivores, rongeurs mais aussi chats errants.

« Il faut mettre de l'euphorie potagère dans sa vie ! » assure Malcolm Hammer, un grand sourire aux lèvres. Si le compost n'est qu'un nouveau bac de tri, « ce sera une corvée, vous ne tiendrez pas », estime-t-il. En revanche, si l'on utilise ces déchets comme un engrais naturel pour ses plantations, c'est beaucoup plus gratifiant. Pas besoin d'avoir des hectares de terrain pour profiter de cet or noir du jardinier. « C'est un fertilisant exceptionnel, j'ai fait pousser des fleurs, des tomates et même du blé sur mon petit balcon du XVIIIe arrondissement parisien », vante Malcolm Hammer.

Comment savoir quand le compost peut être versé dans nos jardinières ? « Quand il est beau, noir et qu'il a la consistance du crumble c'est-à-dire qu'il s'effrite facilement », répond la maître composteur nordiste, avant d'ajouter : « Le thé du compost, c'est-à-dire le liquide dans le bac le plus bas, est un bon engrais, en le diluant un volume de thé pour neuf volumes d'eau ».

Mais non, cela ne sent pas mauvais. Autre frein, beaucoup renoncent à utiliser des composteurs personnels car ils craignent que les déchets alimentaires dégagent de mauvaises odeurs en se décomposant. La recette parfaite : un peu d'humidité, un peu d'aération. « Il suffit d'équilibrer environ moitié-moitié les apports en déchets humides et en déchets bruns. Et surtout il ne faut pas laisser de déchets humides en surface », insiste Lucie Willemot pour qui le compost sent « superbon, une odeur terreuse, comme lors d'une balade en forêt ».

Et pas d'inquiétude, on peut partir en vacances en laissant son composteur. Les lombrics sont capables de rester un mois sans apport. « Ne les gavez surtout pas en prévision de votre absence, ils pourraient s'étouffer », glisse Lucie Willemot.