Le BRGM d’Orléans prend l’hélico pour sonder les entrailles du Massif central

À l’occasion d’une campagne de mesures inédite, le centre de recherche orléanais survole l’Auvergne en hélicoptère pour décrypter le sous-sol et faire avancer la recherche sur l’eau et la géothermie.

 L’hélicoptère du BRGM en mission en Auvergne début octobre pour déchiffrer les mystères du sous-sol du massif central.
L’hélicoptère du BRGM en mission en Auvergne début octobre pour déchiffrer les mystères du sous-sol du massif central. DR/A.Raingeard - BRGM

Vu du sol, l'hélicoptère qui sillonne le ciel de la Chaîne des Puys en ce début d'automne a une allure futuriste. Sous ses flancs, il traîne une boucle de 20 m de diamètre en fibre de verre et de carbone bourrée de capteurs high tech. Objectif : ausculter les entrailles du massif central sur 600 m de profondeur. « Cela s'apparente à une IRM du sous-sol, comparable à l'imagerie médicale », résume Guillaume Martelet, géophysicien au bureau de recherches géologiques et minières.

Installé à Orléans (Loiret), ce centre de recherches, l'une des références mondiales dans le domaine des sciences de la terre, signe ici une première française avec cette campagne de géophysique qui combine plusieurs méthodes, comme la gamma-spectrométrie pour mesurer la radioactivité ou l'électromagnétisme. « En général, pour la connaissance des sols on procède par sondage. Là, nous allons acquérir des données à grande échelle qu'on aurait mis des années à obtenir autrement », ajoute le scientifique.

Une technologie utilisée pour la première fois

En deux semaines, l'hélicoptère va parcourir un millier de kilomètres selon un plan de vol rigoureusement défini. Avec le concours d'un prestataire danois, ses appareils de mesure vont emmagasiner des milliers de données sur les types de roches, la structure du sous-sol, etc., que les chercheurs orléanais vont ensuite traiter et analyser avec un degré de précision sans précédent. Cette masse d'informations permettra notamment d'en savoir plus sur les eaux souterraines ou le potentiel géothermique de la région, ce qui pourrait intéresser des industriels comme Danone qui, non loin de là, embouteille l'eau de Volvic.

Testée en région Centre il y a une dizaine d'années, cette technologie n'avait jusqu'alors été mise en œuvre qu'en outre-mer. Elle est pour la première fois utilisée en métropole à grande échelle, et pourrait être ensuite déployée dans d'autres régions, en Corse et en Nouvelle-Aquitaine.