Irrigation agricole : dans les Deux-Sèvres, les anti-bassines prêts à résister

La construction de bassines d’irrigation agricole se précise dans le Poitou. Les opposants au pompage des nappes phréatiques entendent perturber les chantiers.

 A Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres), une centaine de personnes ont manifesté vendredi contre le projet de construction de 16 bassines d’irrigation.
A Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres), une centaine de personnes ont manifesté vendredi contre le projet de construction de 16 bassines d’irrigation. LP/Fabien Paillot

« C'est le début de la catastrophe, nous sommes là pour dire non », insiste derrière un mégaphone Julien Le Guet, l'un des porte-parole du collectif Bassines Non Merci (BNM). Une centaine de personnes manifestait ce vendredi 12 février à Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres), aux abords d'un champ traité au glyphosate où doit être érigée une réserve de substitution en eau destinée à l'irrigation des cultures intensives.

Quinze autres bassines alimentées par les nappes phréatiques doivent être bâties sur la Sèvre Niortaise et le Mignon, dans les Deux-Sèvres, la Vienne et la Charente-Maritime, pour un coût estimé à près de 60 millions d'euros, à 70 % issus de fonds publics. Les premiers coups de pelleteuses – des fouilles archéologiques préventives – ont été donnés lundi. « Le Rubicon a été franchi », estime BNM qui a aussitôt appelé les opposants à dénoncer ce « passage en force ».

Bloquer les pelleteuses

« Tous les recours devant les tribunaux administratifs n'ont pas été jugés, rappelle Julien Le Guet. Et le préfet s'était engagé à ne pas faire démarrer les travaux avant le printemps. » Le député européen EELV Benoît Biteau fustige, lui, « une provocation ». « Ils vantent des pratiques agricoles vertueuses, mais commencent le chantier avec du glyphosate ! »

Maire du Bourdet, Clément Cohen a adopté en décembre 2020 une motion appelant à suspendre ce projet, comme une vingtaine d'autres communes du secteur. « La plus grande bassine sera à moins de 500 mètres de nos premières habitations. L'agriculture doit se transformer avant qu'on autorise ces bassines et qu'on y injecte de l'argent public », estime l'élu. Les opposants se disent prêts à « bloquer les pelleteuses » tant que toutes les voies de recours ne seront pas épuisées.