Inondations dans le Sud-Ouest : «On a 40 cm d’eau dans notre rez-de-chaussée»

La crue de la Garonne devrait atteindre des valeurs exceptionnelles dans certains secteurs du Lot-et-Garonne, alors qu’en Gironde, le pire semble avoir été évité.

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 La commune de la Réole, en Gironde, est submergée par les eaux de la Garonne.
La commune de la Réole, en Gironde, est submergée par les eaux de la Garonne. PHOTOPQR/Sud-Ouest/MAXPPP

C'est l'un des secteurs les plus touchés par la vague d'inondations que connaît le Sud-Ouest depuis quelques jours, sous l'effet de la tempête Justine et des grandes marées. Ce mercredi soir, en Gironde, les niveaux de la Garonne continuaient de monter. Dans la matinée, cinq maisons ont été évacuées dans les secteurs les plus exposés à la Réole, une commune située à heure de route au sud-est de Bordeaux.

« Nous avions largement anticipé cette crue pour éviter justement de nous retrouver dans l'urgence, explique Bruno Marty, le maire. Ici, les habitants sont habitués aux caprices du fleuve et même si ce n'est pas spécialement marrant, il faut simplement attendre que l'eau redescende. Pour être franc, ça reste beaucoup de soucis et d'inquiétude. »

« Nous avons 40 cm d'eau dans notre rez-de-chaussée mais nous avions eu le temps de tout monter à l'étage. Nous quittons momentanément notre maison car, contrairement à nos voisins, nous n'avons pas d'accès à l'arrière qui nous permettrait de sortir. On reviendra dans quelques jours », confie Mariette, avec un brun fataliste.

Depuis le début de la spectaculaire montée des eaux, de nombreux médias promènent leurs caméras et leurs micros sur le majestueux pont métallique qui enjambe la Garonne. « C'est le site idéal pour se rendre compte que l'eau n'est pas très loin du sommet des digues. Par endroits, elles ont même été submergées », explique Johan, photographe amateur, en montrant le secteur le plus touché de l'autre côté du pont sur la rive gauche.

Evacuation de 80 personnes à Port-Sainte-Marie

C'est une immense plaine agricole où l'on devine aussi de longues allées de peupliers qui longent le fleuve. Certains hameaux sont totalement coupés du monde, encerclés par les eaux de la Garonne. « Je ne sais pas vraiment comment je vais rentrer chez moi », s'interroge Noémie devant les panneaux d'avertissement. Le trajet de cette cadre bancaire est jonché d'obstacles : « Il y a une seule route encore praticable. C'est un détour que tout le monde emprunte. On met plus d'une heure pour faire moins de deux kilomètres. »

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Par précaution, la mairie de Barie, un village de 300 âmes, a été fermée et l'équipe municipale a trouvé refuge dans un bourg sur les coteaux : « Ici, tout le monde sait que la Garonne peut sortir de son lit. Les habitants sont pour la plupart restés chez eux en protégeant leurs biens à l'étage. Heureusement, nous n'avons pas à déplorer de gros dégâts », souligne Bernard Pagot, le maire.

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« Lors de la grande inondation de 1981, Barie ressemblait à Venise. On se déplaçait avec des barques dans les rues. Cette fois, cela n'arrivera pas mais on a frôlé le remake », souffle Michel, un retraité du coin. En amont du fleuve, à 70 km de là, les opérations de sécurisation sont plus spectaculaires, avec en milieu d'après-midi l'évacuation préventive de 80 personnes à Port-Sainte-Marie, une commune du Lot-et-Garonne, département placé ce mercredi après-midi en vigilance rouge, alors que plusieurs digues menaçaient de rompre.