Incendies aux Etats-Unis : Trump se rend en Californie lundi

Les « Complex Fires », agrégation d’incendies qui en constituent un gigantesque le long de la côte ouest, ont déjà fait 33 morts, et sans doute des dizaines d’autres.

 Seules les sculptures de la Holiday Farm à McKenzie Bridge, dans l’Oregon, ont résisté aux flammes. Des centaines de maisons ont été ravagées par les incendies, sous un ciel orange.
Seules les sculptures de la Holiday Farm à McKenzie Bridge, dans l’Oregon, ont résisté aux flammes. Des centaines de maisons ont été ravagées par les incendies, sous un ciel orange.  AFP/Tyee Burwell

Donald Trump se rendra lundi en Californie pour prendre la mesure des incendies qui ravagent tout l'Ouest américain, où ils ont fait au moins 33 morts et des dizaines de disparus. Plus de deux millions d'hectares sont partis en fumée depuis le début de l'année, et la saison des feux ne s'achève en théorie qu'en novembre.

Les quelque 20 000 pompiers qui luttent contre les flammes comptaient sur une météo plus fraîche et humide ce week-end pour limiter la propagation des feux sur des territoires plus vastes encore.

Les autorités de l'Oregon ont annoncé que le nombre de morts - dix dans l'Etat pour le moment — risquait fort d'augmenter « en masse » compte tenu du nombre de bâtiments détruits. Certaines zones sont toujours inaccessibles aux secours. « Il va y avoir un certain nombre de morts, des gens qui n'ont tout simplement pas pu être avertis à temps et évacuer leurs maisons et se mettre en sécurité », a déclaré le directeur de la gestion des urgences de l'Etat, Andrew Phelps, à MSNBC.

« C'est arrivé parce que nous avons changé le climat »

En Californie, le nombre de morts a atteint 22 samedi soir. Les restes de trois personnes ont été retrouvés parmi les décombres du « North Complex Fire », le nom donné à une somme de feux qui ont brûlé dans les comtés de Butte, Plumas et Yuba. Le comté de Butte est encore traumatisé par le souvenir des incendies de novembre 2018 qui avaient fait 86 morts et réduit en cendres la ville de Paradise. Dans le nord-ouest de l'Etat, l'incendie baptisé « August Complex Fire », assemblage de 37 feux qui ont touché la forêt de Mendocino à partir du 17 août, est officiellement devenu le plus étendu de l'histoire californienne, avec plus de 300 000 hectares brûlés samedi.

Dans l'Etat de Washington, un garçon d'1 an est mort dans ce que le gouverneur Jay Inslee a appelé « feux climatiques ». « Ce n'est pas un acte de Dieu, c'est arrivé parce que nous avons changé le climat », a-t-il déploré.

Ces feux gigantesques s'étendent du Canada au Mexique et pour les experts, ils s'expliquent par le réchauffement climatique, qui aggrave la sécheresse chronique. Des dizaines de milliers de personnes ont été évacuées dans les Etats de l'Oregon, de Californie et de Washington. Portland, San Francisco et Seattle figurent encore, pour leurs ciels orange d'apocalypse, parmi les villes les plus polluées du monde. Le panache de fumée des feux a même survolé Paris.

« Eviter un avenir marqué par un déluge de tragédies »

Samedi, le candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden a étrillé le climatoscepticisme de Donald Trump. « Le président Trump peut chercher à nier la réalité, mais les faits sont indéniables. Nous devons absolument agir pour éviter un avenir marqué par un déluge sans fin de tragédies, comme celle subie par les familles américaines dans l'Ouest aujourd'hui », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Au même moment, les conseillers du président, candidat à sa réélection, annonçaient que « le président Donald Trump se rendra en Californie lundi où il sera informé de la situation des incendies dans l'Etat ». Le locataire de la Maison-Blanche doit rencontrer des responsables des services d'urgence, en première ligne pour combattre des feux qui ont déjà calciné 1,2 million d'hectares en Californie cette année, un record.