Face à la mer, la place du Petit-Enfer de Luc-sur-Mer se refait une jeunesse

À une quinzaine de kilomètres de Caen (Calvados), la cité balnéaire de la côte de Nacre s’est lancée dans la réfection de sa place d’avant-guerre, située en front de mer. Un coup de neuf attendu, qui a notamment pour vocation de dynamiser la basse saison.

 La place du Petit-Enfer, lieu historique de la cité balnéaire calvadosienne, se refait une santé. Un chantier de quatre millions d'euros est en cours pour « ouvrir » la place, devenue vétuste après 150 ans d’existence.
La place du Petit-Enfer, lieu historique de la cité balnéaire calvadosienne, se refait une santé. Un chantier de quatre millions d'euros est en cours pour « ouvrir » la place, devenue vétuste après 150 ans d’existence. LP/Esteban Pinel

Luc-sur-Mer a perdu un peu de relief en ce début octobre. La grue qui surplombait le chantier de la place du Petit-Enfer a été démontée. Signe que le gros œuvre est terminé et que les travaux ont remis la marche avant, après bien des perturbations causées par la Covid-19. Entamée à la fin de l'été 2019, la réfection de la place aurait dû être terminée pour la haute saison 2020. La mairie table désormais sur les vacances de Pâques 2021.

Encore un peu de patience, donc, pour un coup de neuf « qu'il fallait faire ». « Les vieux bâtiments étaient fichus », témoigne Gérard. Ce Lutin (gentilé des habitants de Luc-sur-Mer) de 84 ans sait de quoi il parle, lui qui a toujours vécu là. « Les rénovations vont apporter plus de monde. Ce sera plus vivant. »

Davantage de vie, c'est un des objectifs de ce chantier de quelque quatre millions d'euros. L'été, cet endroit central de la cité balnéaire ne manque pas d'animation. L'hiver, avec le vent et les embruns, sans les vacanciers, c'est moins évident. D'autant plus avec les anciens locaux « vieillots », glisse une riveraine.

Des terrasses et des commerces

La place du petit-Enfer, créée en 1866 autour d'une brèche destinée aux bateaux, sera plus ouverte. Mathilde et Alexandre, deux Caennais familiers de Luc, ont hâte : « ça fera une vraie place, propice à installer des terrasses et organiser de petits concerts. » Plusieurs commerces s'installeront dans les nouvelles constructions. Parmi eux, quatre étaient déjà présents sur l'ancienne place.

Lucas Titeux, conseiller municipal, plante le décor : « Luc a toujours eu une vocation touristique. Contrairement à des villes voisines qui ont des maisons en front de mer, nous avons de l'espace. Il y a le casino, la thalasso. L'idée, c'est d'avoir une place qui vit à l'année, moteur pour la rue commerçante. »

Des arbres arrivent, l'horloge reste

Mais certains habitants s'inquiètent. Depuis le deuxième étage d'un immeuble, un homme grince des dents : « Ils veulent mettre des arbres. Ça va obstruer la vue sur la mer. » Au pied du bâtiment, une dame poursuit : « Sans la vue sur mer, la valeur des biens immobiliers risque de diminuer. » La mairie assure que la végétation sera de petite taille et maîtrisée.

Et pour ne pas tout révolutionner, la brèche historique a été conservée, de même qu'un autre détail, pointé par Mathilde et Alexandre, notre couple caennais : « Ils ont gardé l'horloge, visible de tous les côtés avec ses quatre faces. C'est un symbole ! » Sur le cadran, les premières heures de l'automne défilent devant cette place du Petit-Enfer, fierté de Luc-sur-Mer mais encore en gros chantier. La basse saison sera bien calme, une année de plus.