Environnement : les gourdes de compotes deviennent (un peu) recyclables

Inventées en 1998, ces gourdes ont conquis les familles, mais jusque-là ces déchets impossibles à réutiliser partaient directement à la benne. Nouveauté, Andros vend désormais des gourdes recyclables.

 La marque de compotes Andros va bientôt abandonner ses célèbres gourdes jetables pour des modèles recyclables, plus respectueux de l'environnement.Illustration
La marque de compotes Andros va bientôt abandonner ses célèbres gourdes jetables pour des modèles recyclables, plus respectueux de l'environnement.Illustration LP/Aurélie Ladet

Stars des goûters à enfourner dans les cartables, les gourdes type « Pom'potes » sont ultra-pratiques. Mais jusqu'à présent ces emballages jetables ne se recyclaient pas et finissaient enfouis en décharge ou brûlés dans des incinérateurs avec déchets ménagers. Andros vient de rendre les siennes recyclables. « Voilà trois ans qu'on y travaille, cela a nécessité un dur labeur de recherche et développement, car il fallait changer nos procédés industriels tout en garantissant la bonne conservation, le goût des fruits comme la résistance aux chocs », explique Sylvain Dronet, directeur général d'Andros. Impensable, effectivement, que la compote de pommes finisse au fond d'un sac de sport ou d'école !

Jusqu'alors, ces petits sachets souples comptaient sept à huit couches différentes y compris de l'aluminium, ce qui compliquait sa récupération. En fait, pour les traiter, il aurait d'abord fallu décortiquer l'emballage. La nouvelle version plus verte est monocouche et constituée de plastique à 100 %. Pour autant, il sera impossible de refabriquer des gourdes à partir des spécimens usagés. Mais « nous nous engageons à donner une seconde vie en fabriquant des jeux », promet le patron d'Andros qui parie qu'au moment de choisir entre deux desserts fruités, la conscience écolo des consommateurs les orientera vers un emballage moins polluant.

600 millions de doses vendues chaque année

Le concurrent MOM qui commercialise « Pom'potes » doit aussi passer au recyclable, mais ce ne sera pas avant 2022. Ces sachets souples sont loin d'être anecdotiques dans nos poubelles alors qu'un Français sur trois achète ces compotes à suçoter. Elles font en effet le plaisir des enfants qui les balancent dans leurs sacs bien sûr, mais aussi des sportifs qui y trouvent un apport sucré à engloutir en courant, ou même des travailleurs pressés qui se sifflent ces petits desserts avant de replonger dans leurs dossiers.

On estime qu'au total 600 millions d'entre elles sont vendues chaque année et… jetées à la poubelle. Pour les nouveaux modèles recyclables, il va falloir apprendre aux consommateurs à jeter dans le « bac jaune » sinon la transformation loupera sa cible.

Des ONG environnementales regrettent toutefois qu'Andros ou Pom'potes s'arrêtent au milieu du gué. « Les industriels devraient prendre leurs responsabilités et passer au réutilisable. Des alternatives existent, elles sont bien connues des familles », relève Hélène de Vestele, fondatrice de l'association zéro déchet Edeni. C'est par exemple le cas des gourdes de la marque Squiz, inventées par Élisabeth Soubelet. On peut les remplir soi-même et elles passent ensuite au lave-vaisselle. « Je me suis lancée à la naissance de mon cinquième enfant parce que je culpabilisais de bazarder des quantités invraisemblables de ces emballages », confie la fondatrice.

Chez Andros, on se défend en expliquant que le jetable est une habitude bien ancrée chez les consommateurs. Rendre ces produits recyclables est déjà un vrai progrès. Qui pourrait être suivi d'un autre : « Le réutilisable est chez nous une piste de réflexion », assure son directeur Sylvain Dronet.