En Normandie, quatre départements sont en alerte renforcée contre la grippe aviaire

Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation vient de déposer un arrêté qualifiant d’élevé le risque de grippe aviaire pour les détenteurs d’oiseaux.

 Les poules sont désormais soumises à la claustration, c’est-à-dire l’interdiction de sortir, puisque les départements normands sont classés au niveau de risque élevé pour la grippe aviaire.
Les poules sont désormais soumises à la claustration, c’est-à-dire l’interdiction de sortir, puisque les départements normands sont classés au niveau de risque élevé pour la grippe aviaire.  #PRESSE30

Après l'apparition de cas en Europe de l'Est ainsi qu'aux Pays-Bas, et pour éviter lors des migrations le contact des oiseaux sauvages avec les élevages, le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation a dès octobre classé de nombreux départements de l'Hexagone, dont ceux de Normandie, « en risque modéré », appelant au respect strict des mesures de biosécurité et à une surveillance accrue de l'état de santé des volatiles. Hautement pathogène, le H5N8 a poursuivi depuis sa progression en Allemagne, au Royaume-Uni et s'est approché à 200 km des frontières françaises. Aussitôt, le risque « élevé » a été prononcé sur 45 départements dont le Calvados, l'Eure, la Manche et la Seine-Maritime.

À Bourneville-Sainte-Croix (Eure), à La Poule aux Œufs d'Eure, Florent Ridel élève depuis 2014 3 500 poules, pour une production annuelle d'environ un million d'œufs, écoulés auprès de revendeurs. En plus de la crise sanitaire du coronavirus, « qui pour nous a créé lors du premier confinement de la pénurie », l'éleveur doit maintenant enfermer ses volatiles.

« Après les hommes, c'est au tour des oiseaux d'être confinés ! Nous avons été prévenus par la DDPP (direction départementale de la protection des populations). Après le niveau modéré, où j'avais laissé avec l'accord du vétérinaire mes poules dehors puisque je fais du plein air et non de la batterie, le coup de semonce est tombé. Il implique la claustration, car c'est le moyen le plus fiable pour lutter contre la grippe aviaire. J'ai réfléchi à demander une dérogation, mais je ne veux pas être responsable d'une infection. Ce serait la fin de mon entreprise si toutes mes poules devaient être abattues… »

Entrée de l'exploitation interdite

En attendant, en plus des sas habituels, des bottes et des tenues de sécurité obligatoires, les gallinacés ne voient plus le jour : « je regarde si elles le subissent bien. En ce moment, il ne fait pas trop chaud. Mon principe, c'est le bien-être animal. Si jamais je vois qu'elles s'entassent devant les portes, je serais obligé de les laisser courir dans le pré. Je ne vais pas les laisser mourir ! » affirme Florent Ridel.

Le producteur comprend les mesures imposées, même s'il se dit surpris qu'elles soient extrêmes « si tôt » sans cas avéré sur le territoire. « Chaque année, ce sont les chasseurs de gibiers d'eau qui donnaient l'alerte d'oiseaux retrouvés morts de la maladie. Des cas, il y en aura, mais quand ? Le pire pour moi serait qu'un voisin soit touché. Il faudrait jeter les œufs sans indemnisation. C'est pourquoi il faut rester très vigilant : j'interdis dorénavant l'entrée de mon exploitation. »

Pour combien de temps ? Aucune information pour le moment n'est disponible. « Sauf que les migrations durent jusqu'en février… » rappelle Florent Ridel.