Deux-Sèvres : les anti-bassines manifestent contre «le pillage et la privatisation de l’eau»

Bassines Non Merci, un collectif opposé aux réserves de substitution destinées à l’irrigation des cultures, manifestent ce dimanche à Epannes, en présence de Jean-Luc Mélenchon, José Bové ou encore Yannick Jadot.

 Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres), mars 2018. L’opposition aux bassines destinées à l’irrigation a commencé dès l’annonce du projet.
Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres), mars 2018. L’opposition aux bassines destinées à l’irrigation a commencé dès l’annonce du projet. LP/Fabien Paillot

« C'est l'ultime bataille pour sauver l'eau », annonce Julien Le Guet, l'un des porte-parole de Bassines Non Merci (BNM), un collectif opposé aux réserves de substitution destinées à l'irrigation des cultures. Seize d'entre elles doivent sortir du sol à compter du printemps prochain sur la Sèvre Niortaise et le Mignon, dans les Deux-Sèvres, la Vienne et la Charente-Maritime. Coût estimé : près de 60 millions d'euros, dont 70 % provenant de fonds publics, au bénéfice de 220 exploitations agricoles.

Les anti-bassines dénoncent « le pillage et la privatisation de l'eau au service d'une agriculture intensive et polluante ». Ils mobilisent ce dimanche à Épannes, un village des Deux-Sèvres, pour maintenir la pression sur les financeurs publics de ce projet, notamment la région Nouvelle-Aquitaine. « Alain Rousset, son président, a la main sur le bouton. En finançant ou non ces bassines, il peut déclencher une guerre de l'eau ou apaiser le Marais Poitevin », avance Julien Le Guet. « En pompant dans les nappes phréatiques, une poignée d'agriculteurs va assécher les rivières et les marais », estime François Gibert, un militant EELV de Niort. De son côté, La Coopérative de l'eau, qui regroupe les irrigants, défend « une assurance à même de sécuriser les cultures » face aux pénuries d'eau.

Alors que des projets de réserves se multiplient sur le territoire, l'avenir de ces 16 bassines – objet d'un bras de fer et de lourdes tensions depuis 2017 dans le Marais Poitevin – est particulièrement scruté en France. Au point d'attirer ce dimanche à Épannes des figures politiques comme Jean-Luc Mélenchon, leader des Insoumis, l'altermondialiste José Bové, Philippe Poutou (NPA) et Yannick Jadot (EELV).