Des pelleteuses pour désenvaser le bassin de Port-en-Bessin

L’accumulation des sédiments dans les bassins du port de Port-en-Bessin compliquait l’accès à l’aire de carénage. Pendant un mois, des engins retirent le trop-plein de vase. Un chantier coûteux, que les pêcheurs aimeraient encore plus fréquent.

 Deux engins retirent la vase accumulée dans une partie du bassin numéro 2 du port de Port-en-Bessin. L’aire de carénage, notamment, devenait plus difficile d’accès pour les plus gros bateaux.
Deux engins retirent la vase accumulée dans une partie du bassin numéro 2 du port de Port-en-Bessin. L’aire de carénage, notamment, devenait plus difficile d’accès pour les plus gros bateaux. LP/Esteban Pinel

Le ballet des deux pelleteuses est rodé. L'une plonge son bras dans le bassin numéro deux du port de Port-en-Bessin (Calvados) pour en extraire une vase dégoulinante et la déposer dans une barge. L'autre transfère les sédiments de la barge vers une benne. Depuis le 22 septembre, et pendant quatre semaines, le dragage du port bat son plein.

« Il y avait nécessité d'intervenir pour préserver l'exploitation de l'aire de carénage », convient Nathanaël Delporte, chef du service études et travaux portuaires au Département du Calvados. Les plus gros bateaux du port commençaient à rencontrer des difficultés dans ce bassin, en direction de la zone technique, où un portique peut les soulever pour diverses réparations.

« L'hélice peut vite taper la vase, et ça cause des dégâts »

La vase sème quelques tourments à Port-en-Bessin. Nathanaël Delporte explique : « Les portes du port s'ouvrent deux à trois heures avant la pleine mer. Il y a donc un flux montant qui entre dans le port, avec des sédiments. » Ces derniers tombent et s'accumulent sur le fond des bassins. Un phénomène problématique pour certains navires.

Laurent, mécanicien sur « le Vauban », a navigué pendant de nombreuses années. « Quand on rentre et qu'on est plein, nous ne sommes pas loin du fond. L'hélice peut vite taper la vase, et ça cause des dégâts. Il faut alors remonter le bateau en cale et démonter l'arbre d'hélice. Ça peut vite monter à plusieurs milliers d'euros de réparations. »

Une facture qui s'élève à 1,225 million d'euros

Aussi le dragage est-il « très attendu », confie Christophe Mutrel, responsable portuaire au Département. « Il y a de gros bateaux, comme « L'Alliance », « L'Europe » ou « Le Sagittaire », avec de gros tirants d'eau, qui peuvent rencontrer des problèmes d'accessibilité dans certaines parties des bassins. » Pour éviter des incidents, les relevés sont réguliers, et le dragage programmé, en moyenne, tous les quatre ans. Le dragage devant l'aire de carénage, lui, a été programmé plus tôt que prévu du fait d'un trop-plein de vase.

Des professionnels aimeraient que ces travaux soient plus réguliers. « Ça s'envase vite par ici », glisse Laurent, notre mécanicien. Mais pas aussi rapidement qu'ailleurs éclaire Nathanaël Delporte. « À Honfleur, par exemple, nous devons le faire tous les ans, car l'estuaire de la Seine brasse davantage de sédiments. » Ces interventions sont dosées, car elles sont coûteuses. À Port-en-Bessin, la facture pour les quatre semaines de dragage s'élève à 1,225 million d'euros. La vase extraite du bassin numéro deux, trop polluée par le plomb et le zinc entre autres, sera conduite dans un centre de traitement spécialisé.