Déforestation en Amazonie : Casino épinglé par plusieurs ONG

Elles ont établi un lien entre déforestation illégale et plusieurs dizaines de produits vendus dans des magasins du groupe.

 Des organisations non gouvernementales assurent que « des fournisseurs se sont régulièrement fournis auprès de fermes mises en cause dans des activités de déforestation ». (illustration).
Des organisations non gouvernementales assurent que « des fournisseurs se sont régulièrement fournis auprès de fermes mises en cause dans des activités de déforestation ». (illustration). LP/Anne-Laure Abraham

Une coalition d'associations épingle ce lundi le groupe Casino sur les filières d'approvisionnement en bœuf de certaines de ses filiales en Amérique du Sud. Elles le mettent en demeure de respecter la législation sur le devoir de vigilance.

« Ces associations françaises, américaines et colombiennes nous ont mandatés afin de vous mettre en demeure de respecter les obligations légales qui s'imposent à la société Casino Guichard-Perrachon en matière de devoir de vigilance et de risques liés à la déforestation en Amérique du Sud », annoncent leurs avocats dans un courrier au PDG du groupe, Jean-Charles Naouri.

4 500 hectares coupés illégalement pour que des bêtes pâturent

La procédure de ces ONG (organisations non gouvernementales), parmi lesquelles Notre Affaire à tous, Sherpa, Mighty Earth et Envol Vert, s'appuie sur un rapport de cette dernière publié en juin. Il a établi un lien entre quatre fermes liées à la déforestation illégale au Brésil, en Amazonie et dans le Cerrado et 52 produits « vendus en rayon et aussi dans les étals de boucher de deux magasins du groupe ». « A elles seules, ces fermes représentent 4 500 hectares de forêts coupés illégalement pour laisser place au pâturage de bovins. Des terres autochtones protégées sont également converties ».

Les avocats font valoir que « l'enquête de terrain menée par Envol Vert a permis de démontrer que ces fournisseurs du groupe Casino […] se sont régulièrement fournis auprès de fermes mises en cause dans des activités de déforestation et d'accaparement des terres indigènes ».

Trois mois pour agir avant de porter l'affaire en justice

Les ONG exigent que le groupe établisse une cartographie des risques, une traçabilité sur toute la chaîne d'approvisionnement ainsi que la mise en place d'un système d'alerte, notamment en cas de violation des droits des peuples amazoniens. Si l'entreprise « ne se met pas en conformité dans un délai de trois mois », les associations se sont dites prêtes à porter l'affaire au tribunal et à « solliciter la réparation des préjudices qui en découlent ».

La loi sur le devoir de vigilance invoquée oblige les sociétés de plus de 5 000 salariés en France, ou plus de 10 000 dans le monde à publier un plan de vigilance destiné à prévenir les risques en matière d'environnement, de droits humains et de corruption qui pourraient résulter de leurs activités et de celles de leurs filiales, fournisseurs et sous-traitants.

Lors des huit premiers mois de l'année, les satellites de l'Institut national de recherches spatiales (INPE) ont identifié 6 086 km² déboisés dans la plus grande forêt tropicale de la planète. La déforestation a atteint un niveau exceptionnel en 2019 avec 9 178 km².

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