Calvados : les connaisseurs profitent des grandes marées pour la pêche à pied

Avec des coefficients supérieurs à 100 jusqu’à samedi, les grandes marées sont de retour. Les pêcheurs sont déjà à pied d’œuvre. Mais de la Côte fleurie au Bessin, encore faut-il connaître les coins.

 Le retour des grandes marées dans le Calvados ! Trois jours avec des coefficients supérieurs à 100 font le bonheur des pêcheurs à pied. A Luc, ils sont nombreux à repartir avec des moules. Certains taquinent le bouquet et les étrilles.
Le retour des grandes marées dans le Calvados ! Trois jours avec des coefficients supérieurs à 100 font le bonheur des pêcheurs à pied. A Luc, ils sont nombreux à repartir avec des moules. Certains taquinent le bouquet et les étrilles. LP/Esteban Pinel

Elle a beau habiter Ouistreham depuis 40 ans et venir régulièrement pêcher à Luc-sur-Mer, Régine a eu la surprise de ramasser une belle cargaison de moules ce jeudi 20 août. « Je ne savais pas qu'il y en avait là », confesse-t-elle. De sortie pour les grandes marées avec une amie, elle ramène de quoi faire un bon repas. « Tout sera mangé », promet cette habitante de la Côte de Nacre, qui sortait de quelques pêches infructueuses de coques et de bouquets.

Au loin, ils sont encore des dizaines à profiter de cette marée coefficient 104 pour emplir leur panier. Luc-sur-Mer a le mérite de proposer aux amateurs un vrai plateau de fruits de mer. Certains tentent leur chance sur les couteaux, ces longs coquillages cachés dans le sable. Simon et Arthur, eux, rentrent avec leur épuisette et leur filet sur le dos. « On a attrapé assez de crevettes pour accompagner l'apéritif. Par rapport au monde qu'il y a sur place, en pêcher une trentaine, c'est déjà pas mal », savourent les deux amis.

Pour que la pêche soit miraculeuse, encore faut-il connaître les coins. Car au gré des secteurs, la mer ne découvre pas les mêmes friandises. Benjamin Potel, chargé de mission littoral au Centre permanent d'initiative pour l'environnement – Vallée de l'Orne (CPIEVDO), dévoile les hauts lieux de la pêche à la crevette : « Grandcamp-Maisy et Bernières-sur-Mer sont deux sites majeurs. Autour de Port-en-Bessin et sur la Côte fleurie également. »

Crustacés sur les rochers, coques et couteaux dans le sable

Globalement, les plages avec estrans rocheux (des zones rocheuses découvertes à marées basses) sont davantage propices à la présence de crustacés et de moules (aussi présentes au niveau de la pointe du Siège à Ouistreham, qui vient d'être rouverte à la pêche). Là où des endroits plus sablonneux feront davantage la part belle aux coques ou aux couteaux. « A l'extrémité Ouest du Bessin, la sortie du chenal d'Isigny-sur-Mer est un très bon spot pour les coques ! » Quelque 260 pêcheurs y ont été dénombrés lors d'une première grande marée. Les plages d'Asnelles, de Ver-sur-Mer, ainsi que celles entre Hermanville-sur-Mer et Ouistreham sont aussi le repère du petit coquillage.

Et que seraient les grandes marées sans la quête de prises un peu plus relevées. « J'ai peur de me faire pincer », réagit Régine à l'évocation des étrilles. Ce petit crabe se cache sous les pierres, « qu'il faut toujours remettre à leur place, comme on les a trouvées, pour préserver l'habitat naturel des animaux », insiste Benjamin Potel. Autour de Grandcamp-Maisy et Port-en-Bessin, les étrilles sont à leur aise dans les rochers. « Les tourteaux sont un peu plus loin du rivage », précise le chargé de mission.

À Luc-sur-Mer, ces crustacés ont aussi leurs courtisans, pliés en deux au-dessus des mares, les pieds plantés entre les algues et les cailloux. Jean-Jacques, venu pêcher des moules avec sa femme et des amis, prend date : « Je reviendrai chercher des étrilles. Il faut un peu d'expérience et il faut surtout se lever tôt ! Demain (ce vendredi 21 août), la basse mer est à 7h30 du matin ! » Le petit groupe remonte vers la digue, sous le regard des agents des Affaires maritimes, qui contrôlent que les centaines d'amateurs des grandes marées réalisent des captures réglementaires. Sans quoi, ils se font immanquablement… pincer.