Après Biarritz, l’arme antivagues de Wave Bumper va protéger New York

La première digue amovible de cette entreprise était destinée à protéger le casino de la station balnéaire des Pyrénées-Atlantiques. Depuis, le dispositif s’exporte ailleurs en France, aux Caraïbes et même aux Etats-Unis.

 Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), le 10 novembre. Sur la grande plage, l’installation démontable de l’entreprise Wave Bumper protège l’Hôtel du Palais et le casino.
Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), le 10 novembre. Sur la grande plage, l’installation démontable de l’entreprise Wave Bumper protège l’Hôtel du Palais et le casino. LP/Klervi Le Cozic

« En 2014, le casino de Biarritz (NDLR : Pyrénées-Atlantiques) s'est retrouvé deux fois les pieds dans l'eau, à cause de la houle, je n'avais jamais vu ça », se souvient Romain Chapron. C'est alors que le patron de Wave Bumper met au point une digue amovible composée « de gros sacs remplis de sable, plus stables que les dunes de sable fabriquées jusque-là ».

Mais l'épisode du casino n'est pas isolé. « Avec l'élévation du niveau de la mer et la hausse des températures, les tempêtes sur l'océan sont de plus en plus intenses. C'est visible sur tout le globe », détaille-t-il. Pour lui, l'enjeu est aussi environnemental qu'économique : « Le littoral génère du tourisme et 60 % de la population mondiale vit sur les côtes à moins d'un mètre de haut. »

Dans son bureau d'études, il réunit des ingénieurs en dimensionnement, en structure et en hydrodynamique côtière. Ensemble, ils développent le matériau composite du bouclier réflecteur de vague qu'ils ajoutent au sac de sable.

Moins polluant qu'une digue en béton

« Les vagues viennent cogner contre, ça joue le rôle d'amortisseur. » Des outils innovants et démontables. « C'est moins destructeur qu'une digue en béton qui pollue et accélère l'érosion », souligne l'inventeur, qui protège désormais l'Hôtel du Palais à Biarritz, le Majestic à Cannes mais aussi des maisons, des routes en Méditerranée, dans les Caraïbes ou sur la côte atlantique.

Il vient aussi de signer un contrat avec l'armée américaine pour protéger un quartier de New York : « Cette fois-ci, la digue pourra s'installer entièrement à la main, sans tractopelles, elle a été dimensionnée pour résister à un ouragan type Irma. » Dès qu'il le peut, Romain Chapron vient tester ses nouveaux outils à Biarritz, ville pilote en passe de devenir un laboratoire grandeur nature.

« On a 42 km de côte avec plages, dunes et urbanisation, des cas variés à étudier. Et le fond du golfe de Gascogne fait partie des eaux les plus dynamiques du monde. » Un littoral de plus en plus souvent en première ligne. « C'est la 4e fois que l'on est en alerte submersion à Biarritz depuis septembre. »