Animaux marins morts au Kamtchatka : l’hypothèse des micro-algues tueuses

Selon les premiers résultats des analyses présentées lundi par l’Académie russe des sciences, des concentrations élevées de Gymnodium ont été relevées dans l’eau.

 Des crabes retrouvés morts sur une plage dans la région du Kamtchatka en Russie, le 8 octobre dernier.
Des crabes retrouvés morts sur une plage dans la région du Kamtchatka en Russie, le 8 octobre dernier. REUTERS/Greenpeace Russia/Dmitry Sharomov

Les causes du drame écologique seraient donc purement naturelles. Les morts massives d'animaux marins sur les côtes de la péninsule du Kamtchatka, dans l'Extrême-Orient russe, ces dernières semaines, sont d'origine naturelle et ont été provoquées par des micro-algues, selon les premiers résultats des analyses présentés lundi par l'Académie russe des sciences.

« Je suis sûr que nous sommes confrontés à un phénomène naturel à assez grande échelle, mais pas rare pour le Kamtchatka », a déclaré lors d'une conférence de presse le vice-président d' l'Académie, Andreï Adrianov, cité par les agences russes.

Dans les analyses d'échantillons d'eau, « des concentrations élevées n'ont été observées que pour les (micro-algues du type) Gymnodinium » qui produisent des « toxines qui agissent sur les invertébrés », a-t-il précisé. Celles-ci auraient également des propriétés « en accord avec le tableau clinique observé : nausées, vomissements et diarrhée » chez les surfeurs et baigneurs, qui ont également rapporté des brûlures des yeux.

« Ce phénomène disparaîtra par lui-même »

Le scientifique russe a ainsi écarté l'hypothèse d'une pollution industrielle provenant d'un des nombreux sites militaires de cette péninsule sauvage.

Ces dernières semaines, des habitants du Kamtchatka avaient découvert d'impressionnantes quantités d'animaux marins morts sur les plages de l'océan Pacifique, et souffert de brûlures et de vomissements au contact ou près de l'eau. Les autorités ont ouvert une enquête pour « violation des règles de gestion des substances et déchets dangereux pour l'environnement » et « pollution marine ».

Un expert effectue des prélèvements lors d’une expédition réalisée par Greepeace/via REUTERS
Un expert effectue des prélèvements lors d’une expédition réalisée par Greepeace/via REUTERS  

Des experts avaient avancé l'hypothèse d'une fuite de carburant de fusée toxique, une décharge de pesticides proche des plages en question avait été mise en cause. Ces hypothèses, comme celle d'une pollution aux hydrocarbures, ont été écartées.

Des scientifiques ont également constaté la semaine dernière qu'une nappe de pollution longue de 40 km, composée de micro-algues, dérivait le long des côtes de la péninsule, vers les îles Kouriles que la Russie et le Japon se disputent. Lors d'une conférence de presse dimanche, l'ONG Greenpeace a indiqué que « la situation ne s'améliore pas », des animaux morts continuant de faire surface sur les plages de la baie en question.

Le vice-président de l'Académie des sciences a néanmoins assuré lundi que « la nature se régénère elle-même et très rapidement. […] Il suffit d'attendre, ce phénomène disparaîtra par lui-même comme il est apparu ».

Greenpeace a prélevé des étoiles de mer et oursins trouvés morts afin de les faire analyser, les substances nocives ayant plus de chance de demeurer dans leurs tissus que dans l'eau de l'océan qui se renouvelle rapidement. Dans un message vidéo publié sur Facebook, le gouverneur de la région Vladimir Solodov a annoncé que des phénomènes similaires de morts massives d'animaux marins ont été constatés au sud de la péninsule. Près de 175 000 personnes avaient signé lundi une pétition en ligne réclamant l'ouverture d'une enquête.