A Lyon, des micro-capteurs prêtés aux habitants pour mesurer la qualité de l’air qu’ils respirent

Chez eux ou en déplacement, des habitants de Lyon équipés de capteurs mobiles peuvent connaître en temps réel la teneur en microparticules de l’air qu’ils respirent. Et changer leurs habitudes.

 Lyon (Rhône). Andrew Frei (à gauche), concepteur de la captothèque, distribue un micro-capteur à Hugo. Ce dernier va tester l’air à son domicile, à son bureau et sur ses trajets à vélo.
Lyon (Rhône). Andrew Frei (à gauche), concepteur de la captothèque, distribue un micro-capteur à Hugo. Ce dernier va tester l’air à son domicile, à son bureau et sur ses trajets à vélo. LP/Catherine Lagrange

Mesurer la qualité de l'air dans son environnement immédiat peut réserver des surprises. Depuis quelques jours, les habitants de Lyon, Grenoble et Clermont-Ferrand ont la possibilité de s'équiper de microcapteurs mobiles qui mesurent en direct le niveau de pollution, en l'occurrence la teneur en microparticules, de l'air autour d'eux.

L'expérience, lancée pour une durée de dix mois par l'observatoire de la qualité de l'air Atmo Auvergne - Rhône-Alpes, est une première en France. « L'objectif est d'offrir gratuitement à ceux qui le souhaitent la possibilité de connaître la qualité de l'air qu'ils respirent et de mieux comprendre les phénomènes qui l'influencent et comment ils sont exposés », résume Claire Chappaz, responsable de l'innovation chez Atmo.

C'est ainsi que les participants redoublent d'imagination pour tester tout ce qui les entoure : la cheminée, le souffle de l'aspirateur, la sortie du pot d'échappement, l'intérieur du métro, du tramway… Ces données mobiles, recueillies individuellement, sont rassemblées au sein d'une « captothèque » et partagées pour la communauté des porteurs de microcapteurs par l'intermédiaire d'une plate-forme Web ouverte. « Il s'agit ensuite de permettre aux habitants d'améliorer leur situation, poursuit Claire Chappaz, en changeant par exemple de mode de déplacement, son système de chauffage… »

Exit les bougies parfumées

Au Tuba, laboratoire d'expérimentations urbaines, Andrew Frei, concepteur de la « captothèque » d'Atmo, reçoit les candidats à l'expérience. Hugo, 30 ans, habite près du périph à Bron et se déplace à vélo. « J'ai envie d'identifier les sources de pollution dans mon environnement et voir si je peux en réduire l'impact », explique-t-il. « La ventilation de mon logement est-elle suffisante ? Mon trajet domicile-travail doit-il être modifié ? »

Résultat, en deux jours, Hugo a déjà récolté des informations qui vont lui permettre de changer ses habitudes. « J'ai testé deux trajets à vélo pour aller travailler, un plus rapide au milieu des voitures, un plus long sur une piste cyclable. Et les résultats sont sans appel. Je vais prendre la piste cyclable même si elle rallonge mon parcours de 700 m. »

Autre découverte, le système de ventilation de son appartement, qui n'apparaît pas optimal, devra être changé. Plus inattendu, les bougies, parfumées, ou chauffe-plats, qui s'avèrent être une source importante de dégagement de microparticules « pendant une dizaine de minutes après les avoir soufflées » et qui n'auront désormais plus le droit de cité chez Hugo.

S'il est satisfait d'avoir enfin une réponse aux questions qu'il se posait, il regrette que le microcapteur ne mesure pas le CO2 et le dioxyde d'azote. « Nous travaillons à l'intégration d'autres mesures », le rassure Andrew Frei.